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vendredi 21 juin 2024

Réflexions sur la nature du cinéma japonais et de ses complications

D’aucuns auront remarqué que je porte un certain intérêt au cinéma japonais. Quand j’en parle, j’adopte des postulats implicites non questionnés. Il y a pourtant matière à discussion et je vais brièvement soulever quelques complications inhérentes à l’étude d’un cinéma national en général et du cinéma japonais en particulier.

Qu’est-ce qu’un film japonais ?
Critères objectifs
Si la réponse paraît évidente, elle ne l’est pas toujours. Je n’y avais moi-même jamais vraiment réfléchi avant de lire What is Japanese Cinema? A History d’Inuhiko Yomota, qui souligne en introduction la difficulté à déterminer ce qu’est un film japonais. Quelle définition pourrait-on appliquer ?

jeudi 2 février 2012

Vous reprendrez bien un petit coup de rouge ?

Suite à notre dernier billet, nous avons eu envie d’écrire un nouvel article sur le film de propagande, en prenant cette fois un exemple non contesté. Envie curieuse, certes, nous ne sommes pourtant pas enceinte, mais nous voulions approfondir certains problèmes de définition précédemment soulevés. En même temps, si les femmes enceintes se mettaient à visionner frénétiquement des films de propagande, ce serait inquiétant et leurs enfants auraient sans doute un côté Village des damnés.

Nous aurions pu aller chercher du côté des films nazis, type Le triomphe de la volonté ou Le juif Süss ou, à l’inverse, du côté des antinazis, comme Confession d’un espion nazi.
Peu amateur de vin, nous avons préféré l’anti-rouge, le film anticommuniste des années 50. Quitte à explorer ce domaine, autant y aller franchement, avec le métrage réputé le plus virulent et le plus grotesque : The Woman on Pier 13 de Robert Stevenson, aussi connu sous le titre bien plus alléchant de I Married a Communist.

mercredi 11 janvier 2012

Terre et soldats de Tasaka Tomotaka (1939) ou les méandres de la propagande « humaniste »

Pour le plus grand plaisir des quelques pèlerins nippophiles et au grand dam de tous les autres, nous continuons aujourd’hui notre exploration des films japonais de 1939 produits par la Nikkatsu, comportant le mot Terre dans le titre et indisponibles sur support physique. Une catégorie, avouons-le, assez restreinte, dont nous aurons probablement fait le tour avec ce nouveau billet. Nous pourrons alors nous reposer sur nos lauriers, avec le sentiment du travail accompli, et nous péter les bretelles en fanfaronnant bruyamment.

Excepté les similitudes énoncées en introduction, Terre et soldats (Tsuchi to heitai, 1939) de Tasaka Tomotaka n’a pas grand-chose à voir avec La Terre de Tomu Uchida, étudié auparavant.
Nous sommes face à un film de propagande tourné en Mandchourie, commandité par l’armée de terre japonaise dans le cadre de la guerre contre la Chine [1]. Il est vaguement inspiré d’un roman reportage éponyme d’Hino Ashihei, écrit en 1938 à partir de son expérience de terrain : ce dernier fut envoyé en Mandchourie par le gouvernement avec un « bataillon d’écrivains » [2] pour couvrir un grand assaut militaire. Pour paraphraser Terry Pratchett, « la plume est plus forte que l’épée. […] Seulement si l’épée est très courte et la plume très pointue ».
Sauf pour les férus de films de guerre et/ou de propagande, Terre et soldats n’est pas franchement passionnant, ni trépidant, ni émouvant. C’est, par contre, un très bon sujet d’étude pour l’historien amateur que nous sommes.

vendredi 23 décembre 2011

Revenir sur La Terre de Tomu Uchida

Ayant développé depuis longtemps un certain intérêt pour le Japon de l’entre-deux-guerres, nous avons récemment pris notre après-midi pour aller voir à la Cinémathèque française un film réputé mais introuvable sur support physique : La Terre (Tsuchi, 1939) de Tomu Uchida, projeté dans le cadre de la rétrospective consacrée au centenaire de la Nikkatsu.

Les informations sur ce film sont rares et se limitent généralement à quelques lignes élogieuses dans les ouvrages spécialisés, en français ou en anglais. Incapable de lire le japonais, nous allons difficilement pouvoir révolutionner la recherche en français sur ce film. Nous sommes de toute façon peu porté sur la révolution, nous laissons cela aux jeunes.
Le but de notre article est de compiler les informations existantes en les remettant dans le contexte de l’époque. Nous fournirons également notre point de vue pour les lecteurs encore présents à la fin de notre texte. Il faut l’avouer, le sujet n’intéressera probablement que quelques passionnés et notre style sera austère, à l’image de l’ambiance du film et du roman. Les petits rigolos passeront leur chemin et iront s’occuper sur http://www.zombo.com/, où ils trouveront forcément leur bonheur.

Contrairement à nos habitudes, nous allons dévoiler des moments clés de l’intrigue. Nous demandons au lecteur de nous excuser, le préjudice restant minime : l’intérêt du métrage ne repose pas sur un quelconque suspense et le nombre de personnes susceptibles de voir ce film introuvable est plutôt restreint.

mardi 4 octobre 2011

Blanche-patte et les sept nouilles

Nous dissertons habituellement sur des films pour lesquels nous pouvons apporter des informations a priori intéressantes ou un point de vue un minimum original. D’aucuns pourront contester la pertinence de nos propos, ils n’auront qu’à s’exprimer vertement dans les commentaires ou aller lire ailleurs.
Mais parfois, nous nous sentons dans l’obligation d’écrire sur un film donné, l’intérêt de nos propos passant au second plan devant le besoin de brandir avec fierté et violence le titre dans la face du monde, acte assez douloureux pour ce dernier. C’est le cas des films de ninjas, de Harakiri ou de The Man Who Laughs plus récemment, ou du film d’aujourd’hui : House de Nobuhiko Obayashi (1977, prononcé Hausu en japonais), probablement le film commercial le plus bizarre que nous ayons eu l’occasion de voir (les lecteurs ayant connaissance d’un objet filmique plus étrange sont invités à nous faire partager leur science dans les commentaires).

Pour ce film, nous ne suivrons pas notre structure critique habituelle, peu adaptée à cet objet improbable. Nous adopterons à la place un découpage en deux temps : une première partie « Non mais c’est quoi ce truc ? » et une deuxième partie plus réfléchie, basée sur nos lectures ultérieures et sur une interview du réalisateur et de son co-scénariste présente sur le DVD Criterion.

mercredi 7 septembre 2011

Le rire de l'homme ventru de Barbarella

Bravant notre crise de flemmingite aigue et des hordes de ninjas, nous reprenons nos critiques à l’endroit où nous les avions laissées, prises au piège entre un homme chauve-souris et un mur de bouteilles de jus de fruits.

Piètre imitateur, nous n’avons qu’une parole et nous disserterons aujourd’hui sur le film ayant servi d’inspiration graphique à l’ennemi juré de Batman, le Joker. Pour continuer à sourire jusqu’aux oreilles et afin de mettre un peu de légèreté et de nudité sur ce blog, nous passerons rapidement sur Barbarella, à l’instar de la plupart des personnages masculins du film. Nous finirons sur une note moins joyeuse, en constatant que, pour se trancher le ventre, un sabre en bois ne vaut pas un couteau de Maître Ginsu.

lundi 25 juillet 2011

L'épée du père Noël retrouvée dans les cabinets de Frankenstein

Nous proposons pour cette nouvelle chronique une sélection hétéroclite provenant de pays et d’époques variés, voyages du pauvre pour travailleurs estivaux en quête d’exotisme. Comme promis, The Blade sera présent et devra se défendre contre nos insidieuses attaques. A ses côtés, une cohorte de films sentant bon la naphtaline, ce qui n’est pas pour nous déplaire, surtout quand ils s’avèrent aussi intéressants.
La sélection se compose de :
The Blade
Waxworks
L'assassinat du père Noël
Son of Frankenstein

lundi 11 juillet 2011

Après minuit, le triste fantôme du clown inconnu n'a pas le coeur à rire

La période écoulée depuis notre dernier message fut riche en films visionnés et la sélection des titres à critiquer fut difficile. Nous avons privilégié les thématiques et nous pouvons déjà avertir le lecteur : sur un des films sélectionnés, nous allons chercher le trouble.
La sélection de la quinzaine se composera des titres suivants :
Phantom Lady
London after midnight / The Ace of Hearts / The Unknown / Laugh, Clown, Laugh
Mort de rire VS Balada Triste

mardi 28 juin 2011

Le tombeau de l'arbre du Texas

Afin de meubler un peu ce blog et puisque nous n’avons pas le temps de faire régulièrement des articles détaillés sur des sujets qui nous tiennent à cœur, nous avons décidé, unilatéralement avec nous-mêmes, d’écrire, une fois toutes les 2 semaines environ modulo 1 à 2 semaines, de petites critiques sur des films vus durant la période écoulée.
La critique de films n’est pas dans nos habitudes et nous demandons l’indulgence des lecteurs. C’est en pratiquant cet exercice que nous pourrons nous améliorer. De toute façon, étant administrateur de ce blog, nous ne manquerons pas de censurer allègrement tout manque d’indulgence.

Nos critiques seront organisés en 2 ou 3 parties : le résumé de la trame en quelques lignes, un petit avis bien subjectif et, à l’occasion, quelques digressions plus ou moins en rapport avec le film.
Sauf volonté de nuire à un certain type de film ou de public, nous essaierons de ne pas trop révéler de moments clés ou de prévenir le lecteur dans le cas contraire.

Bien qu’elle ne soit plus aussi débordante que durant notre ère estudiantine, notre consommation cinématographique reste à un niveau correct, avec en moyenne une dizaine de films par semaine.
Nous n’allons pas tout critiquer ici. Nous nous concentrerons sur 3 à 5 films pour lesquels nous pensons pouvoir écrire quelques lignes potables.
Pour ce premier essai, nous soliloquerons sur les films suivants :
The Tree of Life
Le Tigre du Bengale & Le Tombeau Hindou (version 1938)
Le traître du Texas