Films vus en compagnie
주유소 습격 사건 [Juyuso seubgyuksageun] de Sang-Jin Kim (1999, Attack the Gas Station)

En 1997, No. 3 de Neung-han Song parodie le film de gangsters et lance un sous-genre à lui seul. Il est immédiatement suivi par Sang-Jin Kim dans une trilogie de comédies sur des jeunes délinquants : Attack the Gas Station, Kick the Moon (2001) et Jail Breakers (2002). Il n'y avait aucune attente autour d'Attack the Gas Station, il ne comportait aucune vedette et l’opus précédent de Sang-Jin Kim, Two Cops 3 (1998), avait fait un bide. Grâce à une campagne promotionnelle judicieuse et un excellent bouche-à-oreille, il fit pourtant un carton et est aujourd’hui culte en Corée du Sud. Il révéla notamment Yoo Ji-tae, le futur méchant machiavélique de Old Boy (2003).
Après un démarrage sur les chapeaux de roue, le rythme de Attack the Gas Station diminue pour installer le décor et présenter les différents protagonistes. Des personnages apparemment secondaires montrent des traits originaux de leur caractère et s’avèrent attachants, tels les gangsters chanteurs. Des évènements de plus en plus improbables surviennent et le dernier quart d’heure conclut parfaitement l’histoire dans une grosse baston porte-nawak, avec un épilogue amusant. Ce n’est pas aussi survolté que ce que j'escomptais, on perçoit les frustrations de braqueurs désœuvrés qui agissent pour passer le temps. Ils ne sont pas réellement malveillants et permettent à leurs victimes de se découvrir dans un récit fondamentalement immoral. Attack the Gas Station est ainsi foncièrement sympathique, instantané ironique d’une société coréenne engluée dans les remous de la crise économique de 1997.
Ogre d’Arnaud Malherbe (2021)

Ogre est la première œuvre projetée en salle d’Arnaud Malherbe, un réalisateur venu du court métrage et de la télévision. Entamé en mars 2020 au début du covid, le tournage fut interrompu et ne reprit qu’en juin après le déconfinement. Cela n’eut toutefois pas de conséquences majeures selon Arnaud Malherbe, qui manquait déjà d’argent avant le confinement et s’organisa avec les moyens du bord. A l’exception de Mad Movies et de quelques journaux, les critiques ont été assez sévères envers Ogre. S’il est loin d’être parfait, il ne démérite pas malgré un dénouement raté qui vire au combat épique dans un esprit totalement contraire à ce qui a précédé. C’est essentiellement un drame familial sur les répercussions de la violence et la difficulté à se reconstruire. A cela s’ajoute un terrible secret dissimulé par les habitants, un médecin inquiétant et une touche de fantastique féérique. Ces éléments ne s’imbriquent pas toujours bien, il y a des longueurs mais on sent la sincérité d’Arnaud Malherbe et j’ai apprécié l’ambiance.
Sinners de Ryan Coogler (2025)

Depuis son premier long métrage en 2013, Fruitvale Station qui avait révélé son acteur fétiche Michael B. Jordan, Ryan Coogler a enchaîné les franchises, Creed puis Black Panther. Pour Sinners, il a voulu un scénario original et autosuffisant rendant hommage à son oncle décédé qui avait grandi au Mississippi et était fan de blues. Pour le rôle de Sammie, il a sélectionné le musicien Miles Caton et plusieurs des performances musicales ont été effectuées en direct sur le plateau. C’est le seul aspect réellement innovant de ce produit typiquement hollywoodien, sorte d’Une nuit en enfer (1996) noir. C’est bourré de testostérone, filmé comme n’importe quel blockbuster classe avec un gros budget, avec une vulgarité et un esprit très Rodriguez/Tarantino, les dialogues de petit malin en moins à quelques exceptions. Ma tolérance vis-à-vis de l’Hollywood contemporain étant de plus en plus faible, cela m’a vite lassé.
Films vus seuls
地球防衛少女イコちゃん2 -ルンナの秘密- [Chikyû bôei shôjo Iko-chan 2 – Runna no himitsu] de Minoru Kawasaki (1988, Earth Defense Girl Iko-chan 2: Lunna’s Secret)

Earth Defense Girl Iko-chan 2: Lunna’s Secret est la suite de Earth Defense Girl Iko-chan, toujours réalisé par Minoru Kawasaki. C’est un moyen métrage de 36 minutes complètement obscur dont j’ai dû créer la fiche imdb. Il comporte pourtant une future star, un Naoto Takenaka de 32 ans en Tobiyama, qui avait déjà un début de calvitie (on le voit enlever dans le making-of un bout de postiche) et était déjà à fond. A la réflexion, c’est une sorte de Nicolas Cage japonais qui enchaîne les trucs improbables avec un jeu souvent outrancier, à la différence qu’il est plutôt spécialisé dans les seconds rôles.
Earth Defense Girl Iko-chan 2 promeut deux idoles, Masuda Mia (Iko Sugakawa) et Mamiko Tayama (Lunna Hakuba), qui ne percèrent jamais vraiment malgré leur brève popularité entre la fin des années 80 et le début des années 90. En une trentaine de minutes, Minoru Kawasaki case d’ailleurs trois chansons. Si on ajoute un montage d’entrainement, une course-poursuite avec des robots et trois combats contre des kaijus, il ne reste pas masse de temps pour construire une histoire ou développer des personnages. Bien que les effets spéciaux soient rigolos, j’ai donc préféré le 1. A noter que Earth Defense Girl Iko-chan 2 se conclut par un sympathique making-of de six minutes qui montre des extraits de tournage des deux épisodes, permettant de constater la rusticité des trucages.
Neutrón, el enmascarado negro de Federico Curiel (1960, Neutron and the Black Mask)

Au vu de la nullité de Los autómatas de la muerte (1962), la suite de Neutrón, el enmascarado negro, j’avais déclaré que je ne regarderais pas ce premier opus. C’était sans compter sur mon complétisme. Sans être bon, avec une intrigue ultra-classique et un mystère autour de l’identité de Neutrón tiré du serial Lone Ranger comme dans El enmascarado de plata (1953), c’est moins pire que Los autómatas de la muerte. C’est ramassé, assez rythmé, les interprètes sont corrects et on ne s’ennuie pas. A l’instar de pas mal de productions mexicaines fauchées de l’époque, Neutrón, el enmascarado negro est un regroupement de trois courts métrages; procédé qui servait à contourner une limite légale. La combinaison est relativement fluide et les jointures ne sont flagrantes si on n’y prête pas attention. Cela me donnerait presque envie de récupérer les deux derniers volets.
Čarovný nápev de Zdeno Dřínovský (1988, Mélodie magique)

Čarovný nápev est un téléfilm de Noël produit par la télévision tchécoslovaque dans ses studios de Bratislava en Slovaquie à partir d’un conte original de la scénariste Magdaléna Glasnerová. Il n’y a clairement pas une tune, tout a été tourné en intérieur dans deux décors et en plans fixes, les quelques effets spéciaux sont rudimentaires et la trame est basique (une version masculine simplifiée de Dame Holle). Néanmoins, quand on aime les contes naïvement moraux, Čarovný nápev remplit son office, Pour sa seconde et ultime apparition à l’écran, Dalibor Savitský (Matej) n’est pas tête à claques et c’est parfaitement dans l’esprit de Noël.
La macchina ammazzacattivi de Roberto Rossellini (1952, La machine à tuer les méchants)

La macchina ammazzacattivi est un curieux opus de Roberto Rossellini, qui tranche avec le reste de son œuvre. Débuté en 1948 et tourné dans les paysages de la côte amalfitaine dans la province de Salerne, Rossellini injecte dans son néoréalisme habituel des éléments merveilleux et crée une fable satirique et morale qui se moque gentiment de ses contemporains. La production rencontra de nombreux problèmes, La macchina ammazzacattivi fut terminé en 1951 et sortit en 1952. Longtemps négligé, il bénéficia d’un coup de projecteur à la suite de sa restauration en 2011 par la Cinémathèque de Bologne. On est dans le genre de la comédie fantastique à la mode dans les années 30-40, qui se démarque cependant par le naturalisme des décors et de certaines scènes filmées dans les rues avec des non professionnels. Bien que mineur, c’était plaisant et sa brève durée (1h20) évite la lassitude.
- ほんとにあった怖い話 [Honto ni atta kowai hanashi] de Norio Tsuruta (1991, Scary True Stories)Scary True Stories se présente comme une série de témoignages sur des évènements surnaturels vécus par des personnes ordinaires. Il comporte trois parties :

- • La fille solitaire a lieu dans la préfecture d’Ibaraki au nord de Tôkyô. Mariko est membre du club de natation et a le béguin pour son prof. Un soir après le cours, elle entend des bruits bizarres dans le vestiaire vide.
- • Vol astral se passe dans la préfecture d’Hiroshima. La grand-mère médium d’une fillette vient de mourir. Une nuit, elle rêve qu’elle s’extrait de son corps et comprend qu’elle a hérité des pouvoirs de son aïeule.
- • Toujours dans la préfecture d’Hiroshima, La mystérieuse boucle d'oreille rouge est centrée sur deux lycéennes, Keiko et Masayo. Keiko a trouvé dans la rue une boucle d’oreille qui réapparait sur son bureau à chaque fois qu’elle la jette. Elle demande à Masayo de l’aider.
Pour un spectateur moderne qui a connu les Ring et ses successeurs, les Scary True Stories valent surtout pour leur importance historique. Elles ont notamment influencé Kiyoshi Kurosawa et Hiroshi Takahashi, le futur scénariste de Ring (1998). C’est leur principal intérêt car c’est à part ça franchement mou du genou, mal filmé, mal monté, avec une caméra qui bouge et une musique grossière. A vrai dire, La fille solitaire et Vol astral m’ont évoqué la calamiteuse émission Mystères. On peut mettre ça sur le compte d’une volonté de réalisme mais c’est probablement davantage lié au manque d’expérience de Norio Tsuruta, qui débutait sa carrière. Le meilleur épisode est le troisième, avec une intrigue plus développée et plus angoissante, et un sympathique prêtre rigolard. Cette amélioration est de bon présage pour la suite, Scary True Stories: Night 2 (1992).
Beach Party de William Asher (1963)

En juillet 1963, la compagnie American International Pictures (AIP), spécialisée dans les séries B et les doubles programmes fauchés, sortit Beach Party, une comédie axée sur un groupe de surfeurs et leurs copines, en particulier sur les disputes entre deux vedettes populaires chez les adolescents, le chanteur Frankie Avalon et la Disney-girl Annette Funicello. S’inscrivant dans la lignée de Where the Boys Are (1960) en beaucoup plus simpliste, la trame est un prétexte à enchaîner les chansons et à exhiber de jeunes adultes en maillots de bains. Beach Party eut un succès inattendu, engrangeant deux millions de dollars pour un budget de 300 000 dollars, et généra un sous-genre, les beach party films. Entre 1963 et 1967, AIP produisit 12 variations et divers studios s’engouffrèrent dans la brèche. Dotés d’une faible réputation de nos jours, je ne m’y serais pas risqué si je n’avais pas été intrigué par l’analyse Camp qu’en fait Pascal Françaix dans Camp ! Volume 2 : Pop Camp, comédie & film musical.
Beach Party joue sur deux tableaux : d’un côté, il titille le spectateur avec des sous-entendus sexuels et des acteurices sculpturaux·ales en petite tenue ; de l’autre, il propose un récit où la morale reste sauve, avec une jeunesse joyeuse, inoffensive et insouciante. J’avoue que, sans Pascal Françaix, je n’aurais pas relevé l’aspect Camp de la chose. Il estime que la niaiserie de l’ensemble était volontaire et que les fans n’étaient pas dupes. Il souligne par ailleurs la tonalité queer, qui ne m’a pas frappé dans Beach Party. J’ai donc été peu convaincu par ce premier essai, je vais encore en tenter deux ou trois pour confirmer. Seul point amusant : un bref caméo totalement absurde de Vincent Price.
新生 トイレの花子さん [Shinsei toire no Hanako-san] de Yukihiko Tsutsumi (1998, Hanako of the Toilet)

C’est ma deuxième adaptation de la légende urbaine d’Hanako des toilettes après la décevante production de la Shôchiku de 1995. En dépit de son titre (« shinsei » signifiant nouvelle naissance), il n’a strictement aucun rapport avec ce prédécesseur. A l’inverse de celui-ci, c’est un long métrage de la Toei destiné au public adolescent et non aux enfants. Il a été dirigé par Yukihiko Tsutsumi, un réalisateur prolifique mais peu connu, et scénarisé par Hiroshi Takahashi, qui reprit une histoire qu’il avait créé pour la série TV Mystery Experience Zone: True Scary Stories en 1992. Intitulée La poupée maudite, cet épisode était une de ses premières collaborations avec Hideo Nakata, association qui aboutit en 1998 au choc Ring. Impressionné par les Scary True Stories de Norio Tsuruta et Chiaki J. Konaka, Hiroshi Takahashi essayait d’appliquer ici la théorie Konaka.
La première partie de Shinsei toire no Hanako-san répond bien aux principes de Konaka avec une montée progressive de la peur à travers un ancrage dans le quotidien de lycéennes, un fantôme suggéré et non montré, une séquence d’effroi tournée en 16mm pour donner un côté granuleux et réaliste d’une vidéo maison, et une terreur vécue par les yeux des protagonistes. Passée cette mise en place intéressante, Yukihiko Tsutsumi ne peut s’empêcher d’en rajouter pour déboucher sur du gros n’importe quoi en conclusion, avec un combat censément spectaculaire et un monstre visible par intermittence. Le souci, outre que cela va à l’encontre de ce qui avait été construit auparavant, est le manque patent de moyens et une mise en scène à la ramasse. C’est dommage car il y avait de l’idée, il faudrait que je voie la version de d’Hideo Nakata de 1992 pour comparer.
Livres
Le vaisseau des morts de B. Traven (Libertalia, 2024), 367 p.

J’avais beaucoup aimé Macario, à la fois le bouquin et son adaptation par Roberto Gavaldón en 1969, et je voulais lire d’autres textes de B. Traven. J’ai donc commencé par un de ses premiers romans, Le vaisseau des morts, rédigé en anglais au cours de ses pérégrinations européennes autour de 1923-1924. Entre 1919 et 1924, il fut un nomade, fuyant une condamnation à mort par le gouvernement de Bavière pour ses activités révolutionnaires dans un contexte de quasi-guerre civile. Obligé de cacher son identité, sans papiers, il vécut probablement certaines des mésaventures de Gerard Gale et s’en inspira. En 1926, motivé par le succès de Die Baumwollpflücker (Les cueilleurs de coton) publié en feuilleton dans le journal du parti social-démocrate d'Allemagne, l’éditeur allemand Büchergilde Gutenberg demanda à B. Traven une traduction en allemand. La version anglaise de B. Traven, bourrée de fautes et de germanismes, fut révisée par l’Américain Bernard Smith avant parution en 1934. Une traduction française à partir de l’allemand fut réalisée en 1934 et une autre, partielle, en 1951. Libertalia a repris la nouvelle traduction de 2010 commanditée par La Découverte.
Le vaisseau des morts est découpé en deux parties : la première sur l’errance de Gerard Gale en Europe jusqu’à son arrivée en Espagne ; la seconde sur les conditions infernales sur le Yorikke. Tout ce qui précède l’embarquement sur le Yorikke est écrit dans un style léger et sarcastique malgré les tourments subis par Gerard Gale, le narrateur. Celui-ci se présente comme un naïf un peu idiot et enchaîne les épreuves sur un mode presque picaresque, opposé à des administrations kafkaïennes qui ont imposé des frontières et des papiers à leurs citoyens après la Première Guerre Mondiale. B. Traven attaque le nationalisme et le capitalisme, se moque de la police et de leurs méthodes. Le ton se noircit avec le recrutement malhonnête de Gerard sur le Yorikke. L’auteur s’attarde alors sur la condition des travailleurs exploités par leurs supérieurs, à une époque où les romans maritimes adoptaient généralement le point de vue des officiers. La critique devient plus acerbe, on perçoit pleinement l’esprit anarchiste et anticapitaliste de B. Traven. Même si j’ai préféré la première partie, Le vaisseau des morts est passionnant et nous montre la dureté et la précarité de la vie d’un sans-papiers des années 1920.
B. Traven, portrait d'un anonyme célèbre de Golo (Futuropolis, 2007), 144 p.

Venant d’achever Le vaisseau des morts, j’étais curieux d’en savoir davantage sur B. Traven, qui avait apparemment eu une vie mouvementée. Malheureusement, cette BD n’a que très partiellement répondu à mes attentes. Elle comporte en effet divers soucis : une mise en page surchargée de textes, agencés d’une manière pas toujours lisible et compréhensible ; une narration brouillonne, notamment dans le premier tiers qui tente de récapituler l’Histoire de la Bavière entre 1917 et 1919 en accumulant les noms et les évènements, perdant rapidement le lecteur ; un mélange de fiction et de réalité, qui engendre une incertitude sur la véracité des renseignements fournis. Golo reprend ainsi des pages entières du Vaisseau des morts, le transformant en source autobiographie sans signaler l’aspect hypothétique de ces passages, excepté dans une note à la fin de la BD qui précise que « de nombreux éléments de la vie de B. Traven ont été tirés de son œuvre ». Cela correspond certes au flou que B. Traven entretenait à propos de son passé mais je pensais lire une biographie, pas une extrapolation de Golo. A ce compte, mieux vaut se rabattre sur sa fiche wikipedia, qui est clairement plus fiable.
Fantômes du cinéma japonais de Stéphane du Mesnildot (Rouge profond, collection « Raccord », 2011), 224 p.

En annexes, des entretiens avec les figures majeures du genre sont proposés : Chiaki J. Konaka, Norio Tsuruta, Hideo Nakata, Hiroshi Takahashi, Takashi Shimizu et Kiyoshi Kurosawa.
- J’aime la J-Horror depuis ma découverte de Ring dans une salle de province lors de sa diffusion en France en avril 2001. J’ai vu la plupart des classiques et j’ai élargi mes horizons ces dernières années en regardant les œuvres des précurseurs. Je m’intéresse particulièrement aux préceptes fixés par Chiaki J. Konaka dès Jaganrei et que Kiyoshi Kurosawa appela « la théorie Konaka ». Chiaki J. Konaka l’explicita dans des interviews et dans un ouvrage de 2003 qui n’existe malheureusement qu’en japonais. J’en ai déjà indiqué les grandes lignes précédemment mais Stéphane du Mesnildot offre ici une traduction assez complète des éléments clés. Cette théorie est tellement importante dans la mise en place de la J-Horror que je prends la peine de rédiger ce long résumé auquel je pourrais me référer à l’avenir :
- • Pour transmettre la terreur, il faut fournir les informations de façon progressive, par accumulation de détails.
- • On n’a pas besoin de tout savoir de la vie des personnages, il suffit de saisir ce qu’ils ressentent et d’adopter leur point de vue. En donnant l’impression de capter des conversations privées de manière quasi-voyeuriste et en encadrant le récit par des noms propres, des lieux exacts…, on crée une illusion de réalité qui intensifie l’implication.
- • Il ne faut pas produire d’explications logiques au surnaturel ou se servir d’un médium omniscient, « la terreur réside plutôt dans l’absurdité ».
- • Multiplier les informations concordantes sur un phénomène renforce l’effroi, par exemple en confirmant la perception du héros par un tiers.
- • L’utilisation judicieuse d’objets iconiques accroit la peur : des cheveux dans une baignoire, une trace sur un mur, un dessin d’enfant…
- • Les scènes de surprise se distinguent de la peur, elles ne sont pas indispensables bien qu’elles nourrissent un climat de tension propice à la peur.
- • Il ne faut jamais épouser le point de vue du fantôme.
- • Le modèle par excellence du fantôme terrifiant est la photographie de fantôme, la présence sur l'image d’une personne à un endroit impossible ou d'une main reliée à du vide.
- • Les fantômes ne parlent pas, excepté par un biais comme un enregistrement.
- • Le meilleur moyen de communiquer la peur est de voir une personne qui a peur.
- • Parmi les créatures occultes, les fantômes sont les plus cauchemardesques. La trilogie Scary True Stories scénarisée par Chiaki J. Konaka et réalisée par Norio Tsuruta popularisa les idées de Konaka auprès des futurs acteurs de la J-Horror, notamment Kiyoshi Kurosawa, Hiroshi Takahashi et Takashi Shimizu. Ring leur donna leurs lettres de noblesse.













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