Films vus en compagnie
Un couteau dans le cœur de Yann Gonzalez (2018)

Dans Un couteau dans le cœur, Yann Gonzalez recrée l’univers du porno gay français de la fin des années 70 en y greffant une trame de giallo sous influence de Brian de Palma. Il y ajoute des références à Simone Barbès ou la Vertu de Marie-Claude Treilhou (1980), avec une apparition d’Ingrid Bourgoin (Simone Barbès) en barmaid d’un bar lesbien fortement inspiré de celui utilisé par Marie-Claude Treilhou. Esthétiquement, Un couteau dans le cœur offre de beaux passages très gialloïsants, avec son tueur masqué au couteau, ses séquences de rêves et ses couleurs parfois criardes. Ce rapprochement avec le genre italien est renforcé par la musique entêtante du groupe électro français M83 (cofondé par le frère de Yann Gonzalez). J’ai également apprécié la reconstitution du microcosme de l’époque, que l’on a rarement au l’occasion de voir au cinéma. Scénaristiquement, on retrouve les mêmes défauts que la plupart des giallos, soit une intrigue tirée par les cheveux avec une conclusion assez décevante. Il faut donc se laisser porter par l’ambiance sans trop s’attarder sur l’histoire.
Death Lends a Hand de Bernard L. Kowalski (1971, Columbo : Faux témoin)

Death Lends a Hand est le premier épisode tourné pour la nouvelle série Columbo programmée par la chaîne NBC en 1971 après le succès des deux pilotes. Les créateurs du show, Richard Levinson et William Link, préférèrent toutefois diffuser d’abord Murder by the Book réalisé par le jeune Steven Spielberg en raison de ses qualités. Death Lends a Hand est mis en scène par Bernard L. Kowalski, un spécialiste du petit écran coupable de quelques séries Z sur grand écran, par exemple Attack of the Giant Leeches (1959) ou Krakatoa: East of Java (1968). Son travail sur ce Columbo est honorable, meilleur d’un point de vue technique que les pilotes de Richard Irving. Le scénario écrit par Richard Levinson et William Link tient la route, avec Robert Culp en méchant Brimmer. Acteur de télévision, celui-ci est surtout célèbre pour ses quatre apparitions dans Columbo (trois fois en tueur et une fois en second couteau) et son rôle principal dans la série Les espions (1965-1968) aux côtés de Bill Cosby. Il incarne un Brimmer cassant et irritable qui se contient devant Columbo. Il faut aussi noter la présence d’un vieux Ray Milland en Arthur Kennicut.
Death Lends a Hand est un bon épisode, avec un Columbo filou qui n’hésite pas à employer des moyens discutables pour faire avouer Brimmer. Il n’y a pas de temps mort, la résolution est acceptable et l’interprétation est solide. S’il ne vaut pas Murder by the Book, il ne démérite pas.
Boys Go to Jupiter de Julian Glander (2024)

Boys Go to Jupiter est le premier long métrage d’animation de Julian Glander, un concepteur 3D qui a également œuvré dans le jeu vidéo et pour des magazines comme le New York Times et le New Yorker. Doté d’une animation simple et rétro, avec des personnages au look Playmobil, Boys Go to Jupiter possède un rythme étrange, chaque séquence durant un peu trop longtemps. J’avais eu le même sentiment sur Bee & Puppycat: Lazy in Space (2022) et sur Summer Camp Island sur lequel Julian Glander a travaillé en 2021. Le casting est composé de figures connues de la scène artistique indépendante américaine qui ne me parlent pas des masses. A cela s’ajoute une musique lo-fi et un style d’humour qui me laisse complètement froid. Je ne suis pas le public cible et ce n’était clairement pas mon trip.
The Life of Chuck de Mike Flanagan (2024, Life Of Chuck)

Oh là là, que c’était niais. Je suis sans doute trop cynique pour ces populaires adaptations de Stephen King bourrées de bons sentiments et dégoulinant de niaiserie, que ce soit Les évadés (1994) ou La ligne verte (1999) que je n’aime pas du tout. Les critiques étaient cependant dithyrambiques, de Mad Movies aux Cahiers du cinéma, et j’avais eu des échos favorables donc je gardais un espoir. Raté. La chronologie inversée sert à masquer la vacuité des actes 1 et 2, Mike Flanagan reconnaissant lui-même que « racontée dans l’ordre, l’histoire aurait perdu de sa puissance ». L’acte 1 enchaîne les dialogues pompeux et sans intérêt dont on retrouvera l’origine plus tard (et qu’on devra subir une seconde fois selon la logique ultra-démonstrative habituelle du cinéma hollywoodien). Le seul objectif de l’acte 2 est de montrer Tom Hiddleston en train de danser. L’acte 3 est probablement le meilleur, avec une mystérieuse coupole interdite et un gosse passionné par la danse. C’est insuffisant et j’ai du mal à comprendre l’enthousiasme autour de ce film.
37 : L'ombre et la proie de d’Arthur Môlard (2024)

37 : L'ombre et la proie résulte de la création d’un nouveau label, Parasomnia Productions, association entre la société de production Moana Films de Marc Missonnier et le distributeur Sony Pictures Entertainment France. Leur objectif est de proposer des films de genre avec un budget réduit d’un million d’euros, une sorte de BlumHouse à la française. 37 : L'ombre et la proie ouvre le bal, premier long métrage d’Arthur Môlard qui s’inspire ici de Duel (1971) et The Hitcher (1986). La mise en place est intéressante, on sent que Vincent est tourmenté et que Trente-sept n’est pas nette. La tension monte rapidement dans un classique schéma de thriller psychologique. Malheureusement, à l’arrivée dans un relais où Vincent rejoint ses collègues, la tension retombe sans qu’Arthur Môlard réussissent à faire vivre ses protagonistes. L’intrigue se dilue, un flashback suggère une piste fantastique finalement abandonnée, la situation entre Vincent et Trente-sept s’enlise avant une conclusion peu convaincante. En dépit d’une bonne introduction, 37 : L'ombre et la proie m’a donc laissé un sentiment mitigé.
Films vus seuls
地球防衛少女イコちゃん [Chikyû bôei shôjo Iko-chan] de Minoru Kawasaki (1987, Earth Defense Girl Iko-chan)

Après trois obscurs courts métrages auto-financés, Earth Defense Girl Iko-chan marque les débuts de Minoru Kawasaki, le futur metteur en scène de The Calamari Wrestler (2004) et Executive Koala (2005). C’est un direct-to-video de 47 minutes qui promeut l’enfant-star Akiko Isozaki en se moquant allègrement d’Ultraman et autres superhéros du même type. Le design des extraterrestres a d’ailleurs été confié à Tohl Narita, le mythique concepteur des monstres d’Ultraman, et le chef de la LTDT est incarné par Shôji Nakayama, fameux au Japon pour ses rôles dans les séries Ultraman et Ultra Seven.
Je ne sais pas dans quelle mesure Minoru Kawasaki a rempli son cahier des charges mais son univers stupide constitué de kitsch, d’humour nase, de parodies grossières de genres et d’effets spéciaux sans le sou est déjà en place. Au bout de vingt minutes, Iko Kawai passe au second plan et on assiste au combat pas franchement épique entre des Martiens ridiculement méchants et une LTDT à la ramasse. Certains gags tombent justes quand on connait le tokusatsu et la brève durée permet de ne pas se lasser. Earth Defense Girl Iko-chan engendra un livre dont vous êtes le héros, un jeu vidéo, un livre audio, des mangas, plusieurs suites en VHS et un long métrage en 2011. Je vais au moins essayer de récupérer Earth Defense Girl Iko-chan 2 (1990).
Conquistador de la luna de Rogelio A. González (1960)

J’ai précédemment mentionné sur ce blog Jesús Sotomayor Martínez, producteur de trois Santo extrêmement fauchés et crétins, Santo contra Blue Demon en la Atlántida (1970), Santo y Blue Demon contra los monstruos (1970) et El mundo de los muertos (1970). C’est également lui derrière La nave de los monstruos (1960), réalisé par Rogelio A. González quelques mois auparavant et qui opposait déjà un héros demeuré à des adversaires extraterrestres. Conquistador de la luna est dans une veine similaire, véhicule pour un comique à la mode, ici Antonio Espino dit Clavillazo. Très populaire dans les années 50-60, il apparut dans une bonne trentaine de films. Foncièrement agaçant, absolument pas drôle, machiste et grimaçant, il plombe complètement le récit, sans la présence d’une Lorena Velázquez pour sauver les meubles. Production Sotomayor oblige, il n’y a pas une tune, les effets spéciaux sont minables, avec des costumes de Martiens plutôt rigolos. C’est le seul élément notable de ce Conquistador de la luna assez pathétique.
山田村ワルツ [Yamada-mura warutsu] de Shûsuke Kaneko (1988, Yamada Village Waltz)

Yamada-mura warutsu est le second long métrage non érotique de Shûsuke Kaneko après la comédie yakuza Kyôfu no Yacchan (1987). Il met notamment en vedette Natsuki Ozawa (Reika), une actrice et chanteuse de 16 ans qui se tourna étonnamment vers le porno en 2004 à l’âge de 32 ans à la suite d’une carrière mainstream. Elle est épaulée par quelques vieux briscards dont Tanie Kitabayashi et Hajime Hana. Le résultat est lourdingue et on a du mal à comprendre où l’histoire veut en venir. Shûsuke Kaneko se moque des paysans avec leur accent de plouc (ils terminent leurs phrases par « pia »), leur manque de savoir-vivre et leur nourriture nauséabonde, tout en nous faisant nous apitoyer sur leur sort et en cultivant une certaine nostalgie des temps anciens. S’y ajoutent moult blagues en dessous de la ceinture et une forte dose de misogynie qui rendent Yamada-mura warutsu dispensable.
Retfærdighedens rytter de Jesper W. Nielsen (1989, Le cavalier de la justice)

Retfærdighedens rytter est le premier moyen métrage (44 minutes) de Jesper W. Nielsen, tout juste diplomé de l’école nationale de cinéma du Danemark. C’est une lointaine relecture surréaliste et modernisée de la naissance de Jésus, présentée comme un film de Noël familial par les sites internet danois. Je ne sais pas trop quel enfant regarde ce genre de truc mais il risque d’avoir des problèmes psychologiques à l’âge adulte. Retfærdighedens rytter est extrêmement creepy, avec Marie aidée par trois saoulards inquiétants (les bergers ? les rois mages ?), des flics en costumes de cuir SM qui tabassent des pères Noël en train de manifester, des décors sombres et décrépis, des gens sales, un abus de très gros plans et de contre-plongées qui génèrent un sentiment d’oppression… Bien que pas inintéressant, l’ensemble est malaisant et pas franchement dans l’ambiance de Noël que j’escomptais
Moebius de Gustavo Mosquera R. (1996)

Moebius est le second et pour l’instant dernier long métrage de fiction de Gustavo Mosquera R., huit ans après le brouillon Lo que vendrá (1988). Il est tiré de la nouvelle A Subway Named Mobius de l’astronome et écrivain américain Armin Joseph Deutsch parue en 1951, et a été produit par l’Universidad del Cine de Buenos Aires avec la participation des étudiants de l’école. Moebius est culte en Argentine, 29e sur une liste créée en 2000 par le Museo del Cine Pablo Ducrós Hicken des 100 meilleurs films argentins. C’est de la SF intello et contemplative, qui joue sur une atmosphère étrange et glauque, sur un principe scientifique complexe et sur des analogies subtiles avec la dictature argentine des années 80. Le texte d’origine faisait une dizaine de pages et on sent que Gustavo Mosquera R. a étiré le récit au maximum. J’avoue ne pas être entré dans le trip, j’ai trouvé ça mou du genou et ça ne m’a pas passionné.
Séries
リトルウィッチアカデミア [Ritoru Witchi Akademia] de Yô Yoshinari (2017, Little Witch Academia), 25 épisodes + 2 OAV

Little Witch Academia est au départ un court métrage de 26 minutes dirigé par Yô Yoshinari pour le studio Trigger (fondé par des anciens de Gainax en 2011) dans le cadre de l’Anime Mirai 2013, un évènement géré par une agence du ministère de la Culture visant à promouvoir la production de films d’animation au Japon sans sous-traitance à l’étranger. Chaque année, quatre projets sont subventionnés et diffusés en salle. Devant le bon écho rencontré par le Little Witch Academia de 2013, un moyen métrage de 53 minutes intitulé Little Witch Academia: The Enchanted Parade partiellement financé par Kickstarter sortit en 2015. Une série de 25 épisodes fut finalement lancée en 2017, achetée par Netflix pour la distribution internationale.
La plupart des protagonistes et des thématiques sont déjà présents dans les deux opus de 2013 et 2015. La série y ajoute une intrigue autour du bâton de Shiny Chariot et de sept phrases à récupérer, avec une grande méchante qui débarque à l’épisode 14. Akko, le personnage principal, est totalement bornée, égocentrique et sûre d’être la meilleure en dépit de ses échecs à répétition. Elle évolue peu durant ses aventures et reste égale à elle-même jusqu’à la conclusion, ce qui la rend à la fois agaçante et sympathique. L’univers de fantasy est très classique, apparemment inspiré des romans britanniques pour enfants The Worst Witch de Jill Murphy (Amandine Malabul en français). Rien d’extraordinaire donc, Little Witch Academia est une gentille série de goûter qui passe le temps.
Livres
Le cauchemar d’Innsmouth – Tome 1 de Gou Tanabe (Ki-oon, collection « Les chefs d’œuvre de Lovecraft », 2021), 206 p.
Le cauchemar d’Innsmouth – Tome 2 de Gou Tanabe (Ki-oon, collection « Les chefs d’œuvre de Lovecraft », 2022), 236 p.
Le cauchemar d’Innsmouth – Tome 2 de Gou Tanabe (Ki-oon, collection « Les chefs d’œuvre de Lovecraft », 2022), 236 p.

Le cauchemar d’Innsmouth est le seul livre de Lovecraft publié de son vivant, possible relecture de la nouvelle Sortilèges du fond des âges d'Algernon Blackwood. Ecrit en 1931, il parut chez l’éditeur Visionary Publishing Company en 1936 en 200 exemplaires, 158 pages bourrées de fautes de typo, avec une mise en page bâclée et une reliure de mauvaise qualité.
Lovecraft ne portait pas Le cauchemar d’Innsmouth en haute estime. C’est pourtant de nos jours un de ses récits les plus connus et appréciés, un incontournable du mythe de Cthulhu qui a inspiré des BD, des romans, des jeux de plateau ou de rôles, et des films. Je mentionnerai juste le japonais The Shadow Over Innsmouth (1992), l’unique film réalisé par Chiaki J. Konaka, scénariste à l’origine de la rénovation de la J-Horror à travers ce qui a été appelé la la théorie Konaka.
En raison de sa longueur, Le cauchemar d’Innsmouth par Gô Tanabe se déploie sur deux tomes. Avec La couleur tombée du ciel, c’est pour l’instant selon moi la meilleure transposition de Lovecraft par Gô Tanabe. D’une manière générale, Gô Tanabe retranscrit parfaitement les forces et les faiblesses des textes qu’il utilise et, de façon peu étonnante, les adaptations que je préfère correspondent aux histoires que je préfère. Dans Le cauchemar d’Innsmouth, il nous plonge dans l’ambiance poisseuse du récit initial, avec une montée progressive de la tension et une course-poursuite stressante dans les ruelles d’Innsmouth. Les Profonds sont terrifiants et j’ai retrouvé tout ce que j’avais aimé chez Lovecraft.
The Wonderful Mr Willughby: The First True Ornithologist de Tim Birkhead (Bloomsbury Publishing, 2019), 354 p.

Au décès de Francis Willughby, John Ray se chargea de compiler et publier leurs recherches dans des ouvrages dédiés aux oiseaux, aux poissons et aux insectes, l’Ornithologiae Libri Tres étant le plus célèbre d’entre eux. Il rédigea également de fameux traités sur les plantes et sa réputation grandit progressivement. Après des siècles de discussion véhémentes entre spécialistes, l’éclat de John Ray finit par éclipser celui de Willughby au XXe siècle. A travers ce The Wonderful Mr Willughby, l’ornithologue britannique Tim Birkhead souhaite redonner sa juste place à Francis Willughby, qui révolutionna son domaine au XVIIe siècle.
Dans The Wisdom of Birds - An Illustrated History of Ornithology qui retraçait l’Histoire de l’ornithologie, Tim Birkhead soulignait déjà l’importance de Francis Willughby et de John Ray mais insistait davantage sur le second. Des investigations complémentaires l’amenèrent à relativiser son opinion et il jugea nécessaire d’écrire un livre entier sur Francis Willughby. The Wonderful Mr Willughby est autant un essai historique que naturaliste, voire un compte-rendu d’un journal de voyage. Tim Birkhead revient sur le contexte de l’époque, sur le fonctionnement du Trinity College de Cambridge ou sur les lieux traversés par les deux compagnons. Il explique la situation de la science au XVIIe siècle, avec les bouleversements engendrés par la méthodologie révolutionnaire de Francis Bacon fondée sur la logique, l’observation directe et l’expérimentation. Francis Willughby adhéra complètement à cette optique et fut un des premiers ornithologues au sens moderne du terme. Sa manie du détail lui permit de découvrir de nombreuses espèces, à l’image de la bondrée apivore (honey buzzard en anglais) qu’il différencia de la buse variable (common buzzard). N’eut été sa disparition précoce, Tim Birkhead estime qu’il aurait pu être une figure majeure de la science occidentale.
Bien qu’ayant beaucoup appris, je n’ai pas autant accroché que la plupart des autres bouquins de Tim Birkhead que j’ai lus. The Wonderful Mr Willughby est en effet centré sur une ère ancienne et sur un homme davantage que sur des questions naturalistes. La vie de Francis Willughby ne m’a pas enthousiasmé outre mesure et j’ai eu parfois du mal à comprendre la fascination de Tim Birkhead pour le sujet. C’est à réserver aux fans d’Histoire de la biologie.
Revues
Les Cahiers du cinéma n°827 – Janvier 2026

Pas mal de choses en revanche au niveau des sorties. Le nouveau Jim Jarmusch, Father Mother Sister Brother (2025), est un film à sketches qui semble renouer avec la simplicité que j’appréciais du Jarmusch des débuts. Je note par ailleurs La reconquista de Jonás Trueba (2016) sur des retrouvailles entre anciens amants, et Ella McCay (2025), une comédie politique sur une idéaliste épaulée par Jamie Lee Curtis. Du côté du patrimoine, la Cinémathèque française va proposer fin janvier une intrigante rétrospective sur Márta Mészáros, une réalisatrice hongroise méconnue des années 70-80, et Doriane Films ressort Le rendez-vous des quais, un long métrage de 1955 sur la grève des dockers de 1949-1950 à Marseille qui fut interdit à l’époque et ne fut distribué en salles qu’en 1990.














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