Films vus en compagnie
Si muero antes de despertar de Carlos Hugo Christensen (1952, If I Should Die Before I Wake)

Si muero antes de despertar devait à l’origine être le troisième volet d’un film à sketches tiré de nouvelles de Cornell Woolrich. La durée totale se révélant excessive, les deux premiers segments furent rassemblés dans No abras nunca esa puerta (1952) et Si muero antes de despertar fut promu au rang de long métrage autonome. Je connais mal Carlos Hugo Christensen dont j’ai uniquement regardé le bancal Leonora dos sete mares (1955) issu de sa période brésilienne après son départ d’Argentine en 1954. Il fut pourtant une figure importante de l’âge d’or du cinéma argentin, ce que prouve amplement Si muero antes de despertar.
Ça faisait longtemps qu’une œuvre ne m’avait pas autant enthousiasmé, le genre de récit sombre avec des gosses que j’apprécie énormément et que les Anglais des années 40-50 maîtrisaient parfaitement (à l’image de The Rocking Horse Winner (1949), The Magnet (1950), Hunted (1952) ou A Kid for Two Farthings (1955)). Passé une introduction un peu lourdingue établissant un parallèle avec les contes, Carlos Hugo Christensen instaure une ambiance pesante en adoptant systématiquement le point de vue de Lucio, entouré d’adultes qui ne le comprennent pas. La seule réaction de ses parents à son traumatisme causé par la mort d’Alicia est ainsi de ne plus parler de l’affaire en le laissant se débrouiller avec ses cauchemars (symbolisé par une scène de rêve creepy, un incontournable des années 40-50). L’interprétation est excellente, que ce soient les deux fillettes, les adultes, ou Néstor Zavarce en Lucio, un ado vénézuélien découvert par Carlos Hugo Christensen lors d’un tournage dans ce pays en 1950 et qui eut par la suite une belle carrière de chanteur (par exemple le tube Faltan cinco pa' las doce en 1963). Le méchant est terrifiant et le dernier quart d’heure est plutôt violent pour l’époque. L’autre gros atout de Si muero antes de despertar est la photographie de Pablo Tabernero (ou Peter Paul Weinschenk), un juif allemand ayant fui le nazisme en 1933 et qui a notamment travaillé sur Prisioneros de la tierra en 1939. Il propose de superbes séquences nocturnes jouant sur les clairs-obscurs, magnifiées par la restauration de 2023 financée par la Film Noir Fundation. Si muero antes de despertar est disponible en 1080p sur Youtube avec des sous-titres anglais, je le conseille fortement et je compte récupérer prochainement No abras nunca esa puerta mentionné précédemment.
Springen de Jean-Pierre De Decker (1986, Jumping)

Springen est une adaptation du roman Uit het raam springen moet als nutteloos worden beschouwd (littéralement « Sauter par la fenêtre doit être considéré comme inutile ») de l’auteur flamand Fernand Auwera. C’est l’unique opus sorti en salles du metteur en scène de théâtre et de télévision Jean-Pierre De Decker, avec un casting composé d’acteurices belges et néerlandais que je ne connaissais pas. Le résultat, centré sur les déboires sentimentaux d’Axel et Pipo, m’a laissé dubitatif. Tous les personnages sont antipathiques, l’intrigue est mince et Jean-Pierre De Decker ne rate pas une occasion pour déshabiller les comédiennes. Ma première incursion dans le cinéma flamand est donc un échec.
Presence de Steven Soderbergh (2024)

Je ne suis pas fan de Soderbergh mais j’étais curieux de voir ce Presence basé sur un concept, la caméra adoptant le point de vue d’un fantôme silencieux et invisible. Chaque scène est constituée d’un plan-séquence, avec des coupes abruptes pour passer de l’une à l’autre. Le procédé m’a rapidement gonflé je l’avoue, surtout que le spectre ne sert pas à grand-chose dans l’ensemble à deux-trois exceptions, on est davantage dans un drame axé sur l’éclatement d’une famille bourgeoise. Le scénariste David Koepp a eu la mauvaise idée d’ajouter un vilain caricatural et prévisible, qui explique tous ses méfaits pour les spectateurs dissipés du fond de la salle. C’était au final assez vain et le gimmick est globalement inutile. De façon amusante, Soderbergh avait admis lui-même que les films narratifs en pur POV ne fonctionnaient pas et a justifié son revirement en estimant que chez lui ça marche parce que le fantôme est invisible… Mouaif, raté.
The Ghost of Sierra de Cobre de Joseph Stefano (1964)

The Ghost of Sierra de Cobre devait être le pilote d’une nouvelle anthologie fantastique télévisée du type La Quatrième Dimension (1959-1964) ou Au-delà du réel (1963-1965), pour laquelle Joseph Stefano avait produit 32 épisodes. CBS changea toutefois d’avis, le pilote ne fut jamais diffusé, transformé à la place en un téléfilm avec l’adjonction d’une vingtaine de minutes. Au niveau de la distribution, Joseph Stefano, qui s’est aussi chargé du scénario et de la réalisation en raison de la maladie de la personne initialement prévue, est allé piocher à la fois chez Hitchock (pour qui il avait écrit le script de Psychose (1960)) et dans le prolifique casting d’Au-delà du réel. Le résultat est étrange. D’un côté, on sent la facture télévisuelle et un montage parfois curieux laisse deviner les ajouts postérieurs, notamment un fantôme mal incrusté en contrechamp. Certaines séquences ne fonctionnent pas, plombées par une musique lourdement démonstrative, et Judith Anderson reprend pour la nième fois son succédané de Mrs. Danvers de Rebecca (1940) en gouvernante inquiétante. L’ensemble demeure pourtant distrayant grâce à une ambiance gothique creepy réussie et à un héros sympathique incarné par Martin Landau flanqué d’une vieille assistante sceptique. Les amateurs de La Quatrième Dimension et de Au-delà du réel apprécieront.
Films vus seuls
怪猫トルコ風呂 [Bakeneko Toruko furo] de Kazuhiko Yamaguchi (1975, A Haunted Turkish Bathhouse)

Malgré la notoriété de certains titres, je ne suis pas amateur de pinku eiga et j’en ai vu assez peu. J’ai néanmoins fait une exception pour Bakeneko Toruko furo car il se rattache au sous-genre horrifique du kaibyô eiga, pourtant tombé en désuétude dans les années 70. Le concept de départ vient d’une idée de Shigeru Okada, le président de la Toei à l’époque, et il marque la renaissance de la branche Toei Porno qui avait été fermée en février 1974 à la suite de résultats décevants. Ils ont sorti pour l’occasion les grands moyens avec un joli casting composé notamment de Naomi Tani, la reine du roman porno SM, en Yukino ; d’Hideo Murota en Yûzô (plus de 200 films à son actif dont Kagemusha (1980), la saga des Combat sans code d’honneur ou L'inspectrice des impôts (1987)) ; et de Taiji Tonoyama en patron du Maihime. Mayumi est incarnée par la débutante Misa Ohara, qui ne joua que dans deux longs métrages et quelques séries TV. Kazuhiko Yamaguchi lui construit un look à la Meiko Kaji, avec qui il avait travaillé trois ans auparavant sur Wandering Ginza Butterfly (1972).
Durant une heure, sauf à de trop brefs moments, Bakeneko Toruko furo ne se démarque pas du tout-venant du pinku eiga, avec la pauvre Yukino abusée, Mayumi violée, du sexe, un strip-tease, de la torture SM et des frottements au savon. Soudain, dans les vingt dernières minutes, ça part enfin en vrille et on arrive dans une espèce de Hausu (1977) avant l’heure, avec un chat-fantôme complètement délirant, des couleurs saturées, du gore et des interprètes en roue libre. Ça méritait la peine d’attendre et Bakeneko Toruko furo vaut le coup d’œil uniquement pour ce final hallucinant.
Bakeneko Toruko furo est resté dans les placards de la Toei pendant des décennies à cause de son titre problématique, le terme de « bain turc » utilisé dans un contexte de prostitution ayant été jugé offensant envers la Turquie et remplacé en japonais par Soapland dans les années 80. Il a été redécouvert en 2006 par des critiques japonais et s’est forgé depuis une réputation au sein des fans de cinéma déviant.
El analfabeto de Miguel M. Delgado (1961, The Illiterate One)

J’avais lu quelque part que les Cantinflas tardifs étaient très inférieurs à ceux de son début de carrière. Ce El analfabeto le prouve. A 50 ans, Cantinflas n’est plus crédible dans les rôles de jeunes benêts qui découvrent la vie, il aurait dû passer à autre chose. Par ailleurs, alors que dans Ahí está el detalle (1940) et les œuvres qui l’ont fait connaître, il jouait un fainéant irrévérencieux, qui refusait l’autorité et les institutions (notamment le mariage qu’il estimait inutile), il est dans El analfabeto rentré dans le rang. Il écoute son chef, appelle la police pour arrêter des bandits, chante à l’église, veut apprendre à lire pour devenir respectable, bosse le matin, va à l’école l’après-midi, étudie le soir en prodiguant même des cours à ses potes… Et à la fin, il épouse sa bien-aimée. L’intrigue est ultra-convenue, Cantinflas a perdu de sa verve et on s’ennuie gentiment. Je vais plutôt essayer de me concentrer sur les opus des années 40 en dépit de la difficulté à mettre la main sur des sous-titres.
Soul Boy de Hawa Essuman (2010)

En septembre 2008, une compagnie allemande de production s’associa avec une homologue kenyane pour financer un atelier pour aspirant cinéaste. Le projet consistait à tourner un long métrage à Kibera avec un budget réduit, une petite équipe de professionnels et un groupe d’amateurs. Soul Boy est le résultat de cette entreprise, confié à la novice Hawa Essuman. Compte tenu des contraintes, c’est assez bluffant. Même si c’est naïf, avec quelques effets inutiles et un scénario facile scandé par les épreuves, ça tient globalement la route. Les interprètes sont convaincants, l’action est lisible, et j’ai apprécié l’ambiance à mi-chemin entre le conte et le réalisme magique. C’est plus qu’honorable pour un premier essai et j’espère que les participants auront d’autres opportunités à l’avenir.
Of Unknown Origin de George P. Cosmatos (1983, D'origine inconnue)

Of Unknown Origin est tiré du roman d’horreur psychologique The Visitor de Chauncey G. Parker III paru en 1979, qui se focalisait sur la lutte d’un homme contre un rat en se basant sur des faits relativement réalistes. L’adaptation en reprend les grandes lignes en donnant le rôle de Bart à un Peter Weller encore inconnu, quatre ans avant Robocop (1987). La direction a échu à George P. Cosmatos, pas vraiment un poète, qui est resté dans les mémoires pour les peu subtils Rambo 2 : La Mission (1985) et Cobra (1986) avec Sylvester Stallone, ainsi que pour Tombstone (1993), son unique réussite. Of Unknown Origin n’est jamais crédible, que ce soit dans les agissements du rongeur ou dans la façon dont Bart se comporte. Les scènes d’action sont brouillones, reposant sur un montage rapide entre Peter Weller affolé, des très gros plans du rat, des animaux balancés et des marionnettes furtives. Je ne suis pas entré dans le truc, j’ai trouvé ça franchement faible et la conclusion excessive est complètement débile, Peter Weller se transformant en vigilante du logis. Je préfère largement revoir Mouse Hunt (1997, La souris), une comédie slapstick avec une intrigue similaire en version parodique.
Sinfonia Amazônica d'Anelio Latini Filho (1953, Amazon Symphony)

Entre 1947 et 1952, le peintre Anélio Latini Filho travaille sur Sinfonia Amazônica avec l’aide ponctuelle de son frère dans sa maison à Rio de Janeiro. Fan de Disney, il dessine 500 000 planches de décors et de personnages, et s’inspire de Fantasia (1940) pour la bande originale (des grands thèmes de musique classique) et pour la structure anthologique. Le scénario est en effet composé de sept contes et légendes du nord du Brésil autour du fleuve Amazone, avec une voix-off qui commente et lie vaguement les épisodes. L’influence de Disney est également flagrante dans le graphisme, avec des animaux anthropomorphisés à l’aspect fort éloigné de la réalité (tandis que l’introduction vantait la précision naturaliste d’Anélio Latini Filho, qui est apparemment allé en Amazonie pour observer la faune et la flore) : l’ibijau n’a absolument pas son look halluciné improbable avec ses yeux exorbités mais la tête d’un piaf quelconque des Silly Symphonies ; idem pour le cassique dont on ne sait pas l’espèce car le terme portugais japu est ambigu ; ou pour le dauphin qui ne ressemble à rien.
En dehors de son importance historique, Sinfonia Amazônica n’a pas d’intérêt pour un spectateur moderne. C’est lent, un peu confus, avec un narrateur au lyrisme horripilant, et était déjà daté techniquement dans les années 50. Il a fait un bide au Brésil à sa sortie (en 1953 en avant-première à Rio de Janeiro puis en 1954 pour la diffusion nationale et non en 1951 comme marqué sur la fiche imdb) et Anélio Latini Filho s’est recyclé dans l’illustration publicitaire. Il est par ailleurs en noir et blanc dans la version qui circule sur internet (ou dans une colorisation pourrie clairement effectuée a posteriori) alors qu’il a été pensé en couleur, ce qui est d’autant plus dommage qu’un des contes est centré sur la couleur du bec du japu. On pourra donc passer son chemin.
忍術御前試合 [Ninjutsu gozen-jiai] de Tadashi Sawashima (1957, Torawakamaru, the Koga Ninja)

En 1954, le système du double-programme se généralise au Japon et la Toei instaure ses Toei goraku-ban (娯楽 = goraku = divertissement ; 版 = ban = version/édition), des séries B d’à peine une heure bourrées d’action, avec des acteurs débutants ou populaires auprès des jeunes, souvent en plusieurs parties pour fidéliser le public. Ninjutsu gozen-jiai n’est constitué que d’un unique segment et met en vedette Sentarô Fushimi, un comédien apprécié par les enfants qui devint démodé au début des années 60 et arrêta sa carrière en 1965. On est dans un film de ninjas à l’ancienne (tiré apparemment d’une histoire de Jun'ichirô Tanizaki), avec des effets spéciaux qui évoquent les Matsunosuke Onoe des années 20 et une classique opposition entre ninjas de Koga et d’Iga. Afin de plaire aux gosses, on a même droit à une sous-intrigue avec le petit garçon de Goemon Ishikawa et la fillette d’un général d’Hideyoshi Toyotomi. En dépit d’un joli casting, avec Denjirô Ôkôchi en Hideyoshi Toyotomi, Ryûnosuke Tsukigata en Sandayû Momochi et Nakajirô Tomita en Goemon Ishikawa (une trogne incontournable des années 50-60 aperçu dans Le château de l'araignée (1957), La forteresse cachée (1958), Hara-kiri (1962)…), Ninjutsu gozen-jiai est assez tartouille. On sent qu’on est dans de la série B, les trucages sont cheap, c’est en noir et blanc, il n’y a pas les moyens habituels des jidai-geki de la Toei et c’est plutôt crétin.
A noter que c’est la première réalisation de Tadashi Sawashima, déjà croisé sur ce blog et qui ne m’a jamais impressionné.
Livres
Le singe boiteux – Contes et légendes du Bhoutan de Kunzang Choden (Editions Olizane, 2008), 307 p.

Kunzang Choden est née en 1952, à une époque où les contes étaient encore très présents dans les foyers, le Bhoutan ne s’étant modernisé et ouvert au monde que tardivement. En revenant dans son pays après quatorze années de pensionnat en Inde, elle se rendit compte qu’ils se perdaient et elle a voulu les conserver par écrit. Elle a opté pour un style de narration traditionnelle en démarrant tous ses contes par « Dangbo..o..o… Dingbo..o..o… » dont elle explique la signification dans la préface, sorte de « Il était une fois » local. La plupart des textes respectent les types universels établis par les folkloristes, avec des parallèles qui peuvent être dressés avec des classiques de chez nous. L’histoire de Dawa Zangpo suit ainsi exactement le schéma du conte-type ATU 560 – L’anneau magique ; Niwa la souris celui du conte-type ATU 480 – La bonne et les mauvaises filles ; Le singe boiteux rappelle Le chat botté… Le contexte exotique permet toutefois un renouvellement bienvenu, renforcé par des monstres folkloriques comme le yéti ou le sinepo (sinpo en anglais), un esprit mangeur de chair. On retrouve la distinction conventionnelle entre contes et légendes, ces dernières étant rattachées à un lieu et étant censées avoir un fondement réel. Les histoires sont souvent cruelles, parfois sombres, et j’ai apprécié dans l’ensemble. Seul reproche : il est dommage d’avoir remplacé les illustrations d’origine de Kunzang Dorji (sans doute un membre de la famille de l’autrice) par celles de Simon Kroug, qui n’a rien à voir avec le Bhoutan et adopte une esthétique faussement naïve peut-être destiné aux enfants (vu que, dans l’esprit des gens, contes = enfants).
Chroniques d’une vie à l’envers – Une nuit avec les chauves-souris de Seb Cazes & Laurent Tillon (Actes Sud, collection « Mondes graphiques », 2025), 135 p.

Chroniques d’une vie à l’envers – Une nuit avec les chauves-souris est avant tout un livre de vulgarisation scientifique avec une intrigue prétexte permettant d’aborder les divers aspects de l’écologie des chauves-souris. Il y a beaucoup de texte avec parfois des termes techniques, et les dessins servent surtout de support pour fluidifier les transitions et égayer la lecture. Le format BD aide à toucher une plus large audience qu’un court ouvrage théorique avec une approche moins rébarbative, élément renforcé par la multiplication des anecdotes de terrain souvent cocasses visant à matérialiser les faits. Laurent Tillon, un vulgarisateur chevronné, s’est occupé du fond et Seb Cazes, un illustrateur passionné de naturalisme, de la forme, avec un mélange de dessins réalistes et d’un style plus léger pour les interventions de Jean-Pierre et de ses copains. Le résultat est un bon exemple de vulgarisation intelligente, qui facilite l’assimilation des informations en se distrayant. J’emmétrai juste sur un bémol concernant le lettrage : il est manuscrit, écrit très petit avec des caractères qui se superposent parfois et rendent la lecture difficile, dommage.
- Guide de l'animation japonaise : Les pionniers de l’anime, 1958-1969 d’Andrea Baricordi (Ynnis Éditions, 2023), 271 p.Après une introduction d’Andrea Baricordi, le Guide de l'animation japonaise : Les pionniers de l’anime, 1958-1969 détaille l’Histoire de l’animation japonaise de 1958 à 1969 dans un format chronologique avec un chapitre par année. Chaque chapitre débute par un bref panorama des évènements culturels marquants au Japon et dans le monde. S’ensuit une liste des films et séries télévisées d’animation sorties au Japon entre le 1er janvier et le 31 décembre de l’année décrite (la date de référence pour les séries étant la diffusion du premier épisode). Une entrée comprend :

- • Le format : film, court métrage, pilote, série télévisée, festival, spécial
- • Le titre japonais en rômaji et le titre français s’il existe
- • La date de sortie, le(s) genre(s), la durée, couleur ou N&B, l’équipe technique, la société de production
- • Un résumé de l’intrigue
- • Une analyse situant l’œuvre dans son époque, apportant des précisions sur son ou ses auteurs, la comparant à d’autres animés, évaluant son importance et inventoriant ses éventuelles suites ou reprises
Outre le plaisir de lire un bel ouvrage richement illustré, Andrea Baricordi offre une étude précieuse qui regorge d’informations inédites et permet de percevoir l’évolution du médium durant une période cruciale pour la suite. C’est en effet à ce moment que sont posés les grands thèmes et les manières de travailler qui feront école jusqu’à nos jours. L’accumulation de références et la progression chronologique servent par ailleurs à mettre en lumière les transitions rapides, l’influence de certaines figures clés (Osamu Tezuka, Shôtarô Ishinomori, Asao Takamori le créateur d’Ashita no Joe, Fujiko F. Fujio et Fujiko A. Fujio qui deviendront mondialement célèbres avec Doraemon…) et studios (Toei Animation, Mushi Production côté Tezuka). J’ai également découvert le rôle des sponsors (souvent des confiseurs), qui finançaient les séries et bénéficiaient en retour d’une publicité plus ou moins subtilement déguisée. En dépit des redites inhérentes au procédé (chaque entrée devant être à peu près autonome) et de quelques erreurs de traduction et de typos (notamment dans les dates, ce qui est toujours embêtant), ce Guide de l'animation japonaise : Les pionniers de l’anime, 1958-1969 est donc un livre passionnant qui captivera les amateurs désireux d’améliorer leur compréhension des racines de l’animation japonaise moderne.













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