Films vus en compagnie
Rafiki de Wanuri Kahiu (2018)

Rafiki est le fruit d’une coproduction internationale entre la réalisatrice kényane Wanuri Kahiu, le Netherlands Film Fund et la compagnie sud-africaine Big World Cinema. Compte tenu du sujet polémique en Afrique, il a fallu sept ans pour réunir les fonds. Adaptation d’une nouvelle de 2007 de l’écrivaine ougandaise Monica Arac de Nyeko, c’est le premier long métrage kényan sélectionné à Cannes, censuré dans son pays où l’homosexualité est interdite. Le titre Rafiki signifie ami en swahili, mot ambigu utilisé pour désigner une personne sans définir la nature des liens.
Wanuri Kahiu a été assistée par une équipe technique internationale, notamment au scénario, au montage, à la photographie et au son. C’est à la fois la force et la faiblesse de Rafiki. Il se démarque de la plupart des films africains que j’ai pu voir par le professionnalisme de son image, de son montage et de son interprétation. On n’a pas l’impression comme parfois d’être devant une télénovela tournée avec une caméra cheap, avec des acteurices au jeu discutable. En revanche, on n’échappe pas aux effets éculés typiques du world cinema, avec une photographie douce standardisée, des ralentis, une musique convenue, des situations clichés du drama-romance… Nonobstant ces défauts, ce n’est pas désagréable quand on est amateur du genre. Première histoire d’amour lesbienne du cinéma africain, Rafiki n’hésite pas à montrer le conservatisme des habitants et la violence, avec un contexte kényan qui apporte une touche d’exotisme au public occidental sans misérabilisme. Même s’il est un peu trop formaté pour les festivals, Rafiki est donc une œuvre nécessaire qui se regarde sans déplaisir.
Films vus seuls
降霊 [Kôrei] de Kiyoshi Kurosawa (2000, Séance)

Seance on a Wet Afternoon est un livre de Mark McShane publié en 1961, transposé avec succès en 1963 par le Britannique Bryan Forbes avec Kim Stanley et Richard Attenborough dans les rôles principaux. Cette nouvelle version était une commande de Kansai TV à Kurosawa, qui ne connaissait ni l’ouvrage ni son adaptation. La chaîne lui fournit des moyens suffisants pour atteindre une qualité cinématographique et Séance fut diffusé dans des festivals internationaux. Bien qu’appréciant l’idée d’un couple ordinaire basculant dans le crime, Kurosawa modifia de nombreux passages du texte d’origine en transformant un enlèvement volontaire guidée par une héroïne en quête de renommée par un kidnapping involontaire, fruit du hasard. Il ajouta en outre un spectre clairement visible là où le bouquin ne matérialisait jamais sa présence. Il s’éloignait ici des principes de la théorie Konaka avec un revenant filmé frontalement et très concret, qu’on peut tabasser et qui existe objectivement, pas seulement dans l’esprit des personnages.
Séance est la quatrième collaboration de Kiyoshi Kurosawa avec un Kôji Yakusho tout en sobriété (à l’inverse de Doppelgänger (2003) sur lequel Kurosawa reprendra le thème du double brièvement mentionné dans Séance), et la seconde avec Jun Fubuki (Junco), une star des années 70 qui surmonta plusieurs scandales et poursuivit une riche carrière jusqu’à nos jours. Iels sont épaulé·e·s par Tsuyoshi Kusanagi en Hayasaka (comédien aperçu dans Messengers (1999)) et Ittoku Kishibe en prof de Hayasaka (un habitué de Nobuhiko Ôbayashi crédité de 141 longs métrages sur imdb). Plus proche du thriller que de l’horreur, avec un rythme lent typique de Kurosawa, Séance ne s’inscrit que par la bande dans la J-horror en plein boom depuis le triomphe de Ringu (1998). Doté d’une intrigue intelligemment construite et d’une excellente interprétation, il est selon moi dans le haut du panier des Kurosawa, moins fumeux que d’autres opus plus célèbres ancrées dans le surnaturel.
Gran Casino de Luis Buñuel (1947, Le Grand Casino)

Au moment de la victoire des Franquistes en 1939, Luis Buñuel était à Hollywood pour superviser des œuvres favorables aux Républicains. Il décida de rester aux Etats-Unis où il enchaîna les petits boulots pour le cinéma, sans réussir à réaliser. Quand le producteur Oscar Dancigers, que Buñuel avait rencontré à Paris dans les années 30, lui proposa en 1946 de diriger un mélodrame musical avec deux vedettes de l’époque, il accepta avec joie et vint s’établir au Mexique. Sa marge de manœuvre pour Gran Casino était limité, c’était un simple véhicule à la gloire de Jorge Negrete (Gerardo), une immense star virile qui contribua à la popularisation de la musique ranchera, et de Libertad Lamarque (Mercedes), une chanteuse de tango argentine qui quitta son pays à cause de son inimitié avec Eva Perón.
Peu enthousiaste à tourner des scènes d’amour et des chansons, Luis Buñuel se concentra sur la technique et ajouta des touches personnelles comme l’absence de baiser entre Gerardo et Mercedes (il préfère montrer Gerardo qui tripatouille une flaque de boue avec un bâton pendant la grande séquence sentimentale) ou un trio de choristes sorti de nulle part à chaque fois que Gerardo pousse la chansonnette. Cela demeure gentillet et Gran Casino est un Buñuel mineur, qui vaut surtout pour les deux tangos superbement chantés par Libertad Lamarque. Gran Casino fit un énorme bide malgré son affiche prestigieuse et Buñuel dut attendre trois ans avant qu’Oscar Dancigers lui confie un autre projet alimentaire, Le grand noceur (1949) avec Fernando Soler.
여고괴담 [Yeogo goedam] de Ki-hyeong Park (1998, Whispering Corridors)

Jusqu’en 1998, la culture japonaise était bannie en Corée du Sud. Elle commença à être progressivement autorisée à partir de 1998 et la censure ne fut totalement levée qu’en 2022. Dans ce cadre, Ringu (1998) ne fut diffusé qu’en décembre 1999 et la J-Horror des années 90 eut un impact minime sur la K-Horror qui surgissait au même moment. L’horreur de Whispering Corridors diffère donc de celle qui s’épanouissait au Japon, s’ancrant dans une tradition coréenne sous influence de modèles américains. Les fantômes sont concrets, la violence est frontale, le spiritisme est rattaché au chamanisme. Davantage qu’un film d’épouvante avec de belles jeunes femmes en uniforme, Whispering Corridors est une critique du système scolaire élitiste et autoritaire. Il obtint un beau succès en Corée du Sud et généra quatre suites, y compris le fameux Memento Mori (1999) sorti dans les salles françaises en mai 2002.
Pour le fan de J-Horror que je suis, Whispering Corridors est assez déstabilisant (à l’instar de Memento Mori que je n’avais sans doute pas apprécié à sa juste valeur à l’époque). L’intrigue dans une école avec des filles en uniforme, l’éducation ultra-compétitive avec la pression associée aux examens d’entrée à l’université, les non-dits et les spectres vengeurs, tout rappelle la J-Horror mais avec une altérité perturbante. Pas d’effets creepy, pas de théorie Konaka, beaucoup de psychologie et un rythme plutôt lent, ce n’est pas à quoi on s’attend et il est difficile de ne pas être déçu. Il faudrait que je voie plus de K-Horror pour m’habituer aux perspectives de ce genre afin de le juger en autonomie sans le comparer à son équivalent japonais.
Timeslip de Ken Hughes (1955, La mort frappe à la porte)

Sous le pseudonyme de Charles Eric Maine, David McIlwain fut un écrivain britannique de science-fiction des années 50-60 spécialisé dans les serials. Il scénarisa pour la BBC un téléfilm de 30 minutes intitulé Time Slip diffusé le 25 novembre 1953, qu’il gonfla pour le transformer en long métrage en 1955. Afin de séduire le public américain, les producteurs anglais mirent en vedette deux interprètes de ce pays, Gene Nelson en Mike Delaney et Faith Domergue en Jill Robowski, une actrice de série B lancée par Howard Hugues dont elle fut la compagne alors qu’elle était mineure. Surtout réputé pour ses comédies musicales, Gene Nelson avait déjà incarné un dur-à-cuire dans Crime Wave d’André De Toth (1953). Il est convaincant ici en journaliste obstiné et sympathique. Sa relation avec Faith Domergue fonctionne bien, il y a une bonne alchimie entre les deux. C’est le principal intérêt de ce Timeslip au récit un peu bancal assemblé de façon approximative. Le décalage dans le temps à l’origine du titre et au cœur du téléfilm, est globalement inutile, l’histoire ayant été recentrée sur une affaire d’espionnage industriel et sur le couple Delaney/Robowski. Vite vu vite oublié.
A noter que Timeslip fut renommé The Atomic Man pour sa sortie aux Etats-Unis. Il fut remonté pour passer de 90 à 76 minutes et combiné en double programme à L'Invasion des profanateurs de sépultures (1956).
Morgiana de Juraj Herz (1972)

Morgiana est tiré du roman Jesse et Morgiana de l’écrivain russe Alexandre Grine paru en 1929. Dans le livre, Morgiana est la grande sœur moche et malveillante opposée à la belle et gentille Jessie. Dans l’adaptation, Morgiana est devenu le nom du chat de Victoria, ce qui rend le titre hors de propos étant donné que l’animal est honteusement sous-exploité. Victoria et Klara sont incarnées par Iva Janžurová, avec une perruque et un maquillage différent pour chaque sœur. Juraj Herz comptait initialement en faire un seul personnage schizophrène, approche qui ne séduisit pas les producteurs. Pas emballé par le scénario, il déporta son intérêt sur la technique et s’amusa à expérimenter lors des hallucinations de Klara ou dans les rencontres entre Victoria et Klara. Qualifié de sadomasochiste par la direction du studio Barrandov, Morgiana valu à Juraj Herz une privation de tournage de deux ans pendant lesquels il travailla pour la télévision. A l’instar de Panna a netvor (1978, La Belle et la Bête), l’intrigue est mince, le rythme lent, avec une superbe photographie et de jolis costumes. C’est cependant extrêmement manichéen, Iva Janžurová a un jeu outrancier à la fois en Victoria et en Klara, et j’ai trouvé tout cela franchement pénible et daté.
魔翡翠 [Mo fei cui] de Wong Jing (1986, Magic Crystal)

Comme expliqué précédemment, Wong Jing fut une figure majeure du cinéma hongkongais des années 80-90. Producteur et scénariste de plus de 200 opus, réalisateur d’une centaine d’entre eux, il fut aussi un acteur lourdingue spécialisé dans les acolytes rigolos (il joue ici le pote d’Andy Lo). Méprisé par la critique pour sa simplicité et sa vulgarité, il fut pourtant très populaire et contribua à l’essor de nombreuses stars. L’une d’entre elle fut Andy Lau (le détective Andy Lo, super original…), qu’il employait pour la première fois dans Magic Crystal et avec qui il retravailla à une quarantaine de reprises. Andy Lau est épaulé par Cynthia Rothrock (une agente d’Interpol), l’unique Occidentale qui parvint à percer dans le cinéma hongkongais en raison de ses exceptionnels capacités martiales. Notons également les débuts de Sharla Cheung (la sœur de Shen Kun), qui collabora fréquemment avec Stephen Chow et qui se retira des écrans au milieu des années 90 pour se consacrer à une carrière de businesswoman.
Dans la pure tradition des histoires de Wong Jing, Magic Crystal part dans tous les sens et mélange allègrement action, bastons, espionnage, corruption policière, humour pas drôle, comédie pour enfants, et même aventure à la Indiana Jones et extraterrestres. Cela fonctionne néanmoins grâce à de bonnes scènes de combat, un rythme effréné qui ne laisse pas l’opportunité de réfléchir aux incohérences, et un beau casting, faisant de Magic Crystal un efficace divertissement décérébré qui passe agréablement le temps.
Au rendez-vous de la mort joyeuse de Juan Luis Buñuel (1973)

Au rendez-vous de la mort joyeuse est le premier long métrage de Juan Luis Buñuel, ancien assistant de son père Luis Buñuel. C’est un film fantastique et surréaliste de maison hantée, une rareté dans le cinéma français, avec un poltergeist lié à la puberté de Sophie. Le climat étrange qui pèse sur le récit et la tension sexuelle évoquent évidemment Buñuel père, avec une vision illusoire très buñuelienne d’un brave curé péchant avec ses protégées. L’interprétation sonne malheureusement souvent faux (postsynchronisée ?), ça manque de rythme et la fascination érotisante pour l’adolescente Sophie est dérangeante, d’autant plus quand on connait des ambivalences du cinéma des années 60 à 80 vis-à-vis de la pédophilie (un jeune Depardieu incarne d’ailleurs un preneur de son). Cette gêne est renforcée par l’affiche qui expose Yasmine Dahm, 15 ans au moment du tournage, seins nues. Si on ajoute que la seule copie disponible est un enregistrement télé avec un son et une image pourries, je ne peux conseiller Au rendez-vous de la mort joyeuse.
稀人 [Marebito] de Takashi Shimizu (2004, Marebito)

La plupart des éléments contextuels de cette critique sont tirés de la page consacrée à Marebito sur le site internet de Chiaki J. Konaka.
En 2003, l’influent Hiroshi Takahashi, scénariste de Ringu, fut chargé de superviser une série de films d’horreur à petit budget pour la compagnie Eurospace (fondée en 1991 ou 1992 et non en 2006 contrairement à ce qu’indique le wikipedia français). Il approcha Chiaki J. Konaka qui refusa un poste de réalisateur mais laissa la porte ouverture à l’écriture d’un scénario. Hiroshi Takahashi le mit en contact avec Takashi Shimizu qui venait d’achever le second Ju-On. La structure épisodique des Ju-On maintenait Shimizu dans sa zone de confort et il ne s’était jamais frotté à une histoire unique tenue sur l’intégralité d’un long métrage. Alors que Chiaki J. Konaka terminait son script, Takashi Shimizu se lança dans le remake américain de Ju-On. Marebito fut finalement tourné à l’arrache en huit jours durant une période de creux.
Le résultat est un monstre hybride d’idées non exploitées précédemment par Chiaki J. Konaka et de préoccupations propres à Takashi Shimizu. A l’origine, Chiaki J. Konaka avait imaginé un récit d’éducation à la Kaspar Hauser entre un vieil homme et une créature enfantine étrange, dans un univers bourré de références lovecraftiennes. Ces thèmes ne parlant pas à Takashi Shimizu, ce dernier en fit une romance malsaine unilatérale d’un quarantenaire (Takuyoshi Masuoka incarné par Shin'ya Tsukamoto) envers une femme-enfant (jouée par Tomomi Miyashita). Le démarrage est prometteur, Takashi Shimizu applique certains principes de la théorie Konaka qu’il avait jusqu’à présent négligé avec une caméra subjective, une horreur dissimulée dans l’ombre, dans le coin de l’œil ou d’une vidéo, et Takuyoshi captivé par la manifestation de la peur chez les autres. Après une citation explicite des Montagnes hallucinées, Takuyoshi débarque dans un monde souterrain évoquant les contrées du Rêve et délivre une femme. A partir du moment où Takashi Shimizu se focalise sur la relation entre ses deux protagonistes et l’obsession de Takuyoshi pour F, mon intérêt a rapidement décru. L’intrigue se perd dans de multiples pistes avortées (entre les Deros qui apparaissent le temps d’un plan, le vampirisme de F et le doute sur sa véritable identité, la folie de Takuyoshi qui se transforme en serial killer, un mystérieux protecteur de F, une entité qui perturbe les enregistrements vidéo, un revenant qui explique à Takuyoshi le monde souterrain…) et ça se conclut en eau de boudin. La rencontre des deux courants de l’horreur japonaise du début des années 2000 est donc un flop, je ne sais si c’est à cause d’une préparation insuffisante ou de conceptions trop incompatibles entre Chiaki J. Konaka et Takashi Shimizu.
安寿と厨子王丸 [Anju to Zushiômaru] de Yûgo Serikawa & Taiji Yabushita (1961, Le plus petit guerrier)

L’histoire d’Anju et Zushiômaru est une vieille ballade médiévale popularisée par une nouvelle de Mori Ôgai publiée en 1915, déjà adaptée en 1954 par Kenji Mizoguchi avec L'intendant Sansho. C’est le quatrième long métrage d’animation de la Toei et probablement le plus adulte en dépit de l’ajout de trois animaux rigolos et de l’adoucissement de plusieurs passages : dans le texte de Mori Ôgai, Anju était brutalement assassinée par Saburo tandis qu’elle se métamorphose ici en cygne ; Saburo devient gentil, un méchant frère inventé pour l’occasion récupérant tous les vices ; Zushiômaru pardonne à ses tortionnaires au lieu de se venger violemment... La conclusion suscita d’ailleurs des débats entre le studio et les animateurs (dont l’assistant-réalisateur Isao Takahata, vice-président du syndicat des animateurs de la Toei), ces derniers estimant qu’elle glorifiait la mentalité féodale.
Techniquement, Anju to Zushiômaru est impressionnant, avec une animation fluide utilisant partiellement la rotoscopie, un soin dans les costumes et les décors, et des références à la peinture traditionnelle. Certains se plaignirent toutefois à l’époque de ce réalisme excessif, l’animation ne devant pas selon eux se contenter d’être un succédané du cinéma en prises de vue réelles. Ce questionnement, sans doute justifié au début des années 60 à un moment où l’animation tentait de trouver sa place, est aujourd’hui obsolète et Anju to Zushiômaru est esthétiquement superbe. Il bénéficie en outre d’un joli casting voix, avec des acteurices promis·es à de belles carrières dans les rôles principaux et des stars dans les rôles secondaires, notamment Isuzu Yamada en mère de Anju et Zushiômaru ou Masao Mishima en Onikura. Bien qu’un peu mou du genou et trop classique dans son déroulement, avec des séquences comiques qui tombent à plat, Anju to Zushiômaru reste une œuvre importante qui contribua à crédibiliser le cinéma d’animation aux yeux du grand public.
- Livres
Prisonniers du temps de Dean R. Lomax, illustré par Bob Nicholls (Belin, 2022), 374 p.Prisonniers du temps s’intéresse à la manière dont les fossiles peuvent nous renseigner sur le comportement des espèces animales éteintes. A partir de ces traces et d’extrapolation basées sur les attitudes d'espèces analogues encore vivantes de nos jours, Dean R. Lomax effectue une sorte d'éthologie du passé. Il divise son étude en cinq segments contenant chacun une dizaine d’exemples :
- • La reproduction : comment les animaux de la préhistoire se reproduisaient-ils et accouchaient-ils ?
- • Soins parentaux et communautés animales : comment s’occupaient-ils de leurs jeunes ? Etaient-ils grégaires ou solitaires ?
- • Déménager et construire sa maison : Où habitaient-ils ? Comment et pourquoi se déplaçaient-ils ?
- • Se battre, mordre et se nourrir : Quels étaient leurs modes d’attaque et de défense ? Comment se nourrissaient-ils ?
- • Quelques situations qui sortent de l’ordinaire : Quel était leur quotidien ? Comment dormaient-ils ou faisaient-ils leurs besoins ? Etaient-ils victimes de maladies ou de parasites ?
Prisonniers du temps est un agréable livre de vulgarisation, qui ne nécessite aucune connaissance préalable en paléontologie. Le style est clair, sans jargon, et les illustrations (avec des dinosaures emplumés) permettent de toucher une large audience, Dean R. Lomax bat en brèche quelques idées reçues et ressuscite une époque révolue. Deux reproches cependant : l’ouvrage est en noir et blanc alors que la couleur aurait amélioré la lisibilité des photos et rendu justice au travail de Dean R. Lomax (mais le bouquin aurait coûté bonbon) ; et je ne suis pas fan du principe de brèves anecdotes, je préfère qu’un auteur aborde en profondeur moins de sujets plutôt que d’en survoler une multitude. C’était donc plaisant sans révolutionner ma compréhension des phénomènes traitées, une bonne porte d’entrée pour des néophytes.
- Soïchi de Junji Itô (Bragelonne, collection « Mangetsu », 2022), 524 p.Soïchi est la traduction du volume 3 de la collection « Chefs d’œuvre de Junji Itô », édité par Asahi Comics en février 2011. Bragelonne a complété les dix nouvelles d'origine par quatre autres également consacrées à Soïchi afin de former une intégrale, avec une couverture inédite dessinée par Junji Itô. Ces ajouts concernent les deux segments du Mystère de la maison hantée et Adorable minou, qui étaient initialement dans Carnage ; et Soïchi le possédé repris des Chefs-d’œuvre de Junji Ito – Tome 2.

- • De jolies vacances d'été (août 1991 dans Monthly Halloween) : Yûsuke et Michina viennent passer les vacances d’été chez des cousins à la campagne. Ils sympathisent rapidement avec Kôichi et Sayuri qui ont à peu près leur âge. Le petit frère Soïchi reste en revanche dans son coin et s’amuse à terroriser Michina.
- • De jolies vacances d'hiver (janvier 1992 dans Monthly Halloween) : En plein hiver, Soïchi s’arrange pour faire chuter dans l’eau gelée une jeune femme perdue en forêt. Elle est secourue par Kôchi.
- • Le journal de Soïchi (août 1992 dans Monthly Halloween) : Michina découvre le journal intime de Soïchi.
- • Soïchi a de la visite (septembre 1992 dans Monthly Halloween) et Professeur de chiffon (janvier-février 1993 dans Monthly Halloween) : Soïchi change son professeur trop zélé en poupée de chiffon.
- • L'anniversaire de Soîchi (mai 1993 dans Monthly Halloween) : L’anniversaire de Michina et de Soïchi tombent le même jour mais tout le monde a oublié celui de Soïchi, qui décide de se venger.
- • Les insouciantes malédictions de Soïchi (février 1995 dans Monthly Halloween) : Soïchi maudit tous les élèves de son école qui le contrarient.
- • Entre seize planches (mars 1995 dans Monthly Halloween) : Excédé par le bruit de Soïchi qui l’empêche volontairement de réviser, Kôichi menace de quitter la maison. Son père propose d’insonoriser sa chambre.
- • Le cercueil (avril 1995 dans Monthly Halloween) : Soïchi demande à son grand-père de lui fabriquer un cercueil à l’occidentale.
- • Les rumeurs (mai 1995 dans Monthly Halloween) : Cf. Les chefs-d’œuvre de Junji Ito – Tome 2
- • Le mystère de la maison hantée (janvier 2003 dans Nemuki) et Le mystère de la maison hantée 2 : le déferlement de Soïchi (novembre 2004 dans Nemuki) : Devenu adulte, Soïchi gère une terrible maison hantée avec l’aide contrainte de sa famille et d’un horrible fils.
- • Adorable minou (juillet 2006 dans Nemuki) : Soïchi transforme un paisible chat en danger ambulant.
- • Soïchi le possédé (août 2011 dans Nemuki) : Cf. Les chefs-d’œuvre de Junji Ito – Tome 2
A noter comme d’habitude une intéressante postface de Morolian, qui contextualise parfaitement le recueil.
- Pèlerinage à la Terre de Robert Scheckley (Denoël, collection « Présence du futur », 1978), 255 p.Pèlerinage à la Terre est la traduction du recueil Pilgrimage to Earth paru aux Etats-Unis en 1956. Il compile quinze nouvelles de 5 à 30 pages publiées au préalable dans divers magazines américains entre 1952 et 1956, quasiment toutes axées sur le thème des extraterrestres ou des voyages interplanétaires :

- • Pèlerinage à la Terre (1956) : Alfred Simon de la planète Kazanga rêve de visiter la Terre. Une fois sur place, les déconvenues s’enchaînent.
- • Tout ce que nous sommes (1956) : Une équipe d’exploration découvre que leur corps a un effet destructeur sur les habitants d'une planète étrangère.
- • Piège (1956) : Un extraterrestre tente de piéger des humains mais son stratagème se retourne contre lui.
- • Le corps (1956) : Le cerveau du docteur Meyer est transféré dans le corps d’un chien.
- • Modèle expérimental (1956) : L’astronaute Bentley se pose sur Tels IV avec un matériel de pointe qui le protège plus que de raison.
- • Service de débarras (1955) : M. Ferguson reçoit la visite d’un curieux représentant qui lui propose de se débarrasser de sa femme.
- • Le fardeau des humains (1956) : A la suite d’une erreur de livraison, le colon Edward Flaswell reçoit pour épouse par correspondance un modèle super-luxe au lieu du modèle pionnier.
- • Peur dans la nuit (1952) : Dans un cauchemar récurrent, une femme rêve que son mari est un gigantesque serpent.
- • Protection (1956) : Une créature invisible offre au narrateur de le prévenir de tous les dangers potentiels qui pourraient survenir.
- • La terre, l'air, l'eau et le feu (1955) : Radell atterrit sur Mars pour une mission de routine et se retrouve bloqué dans la neige.
- • Le clandestin (1955) : Un scientifique de Mars doit renvoyer les clandestins qui débarquent dans l’espoir d’une vie meilleure.
- • L'Académie (1954) : Feerman a dépassé le seuil d’alerte du sanimètre et doit se rendre à l’Académie pour se faire soigner. Il n’est guère rassuré car personne n’en ait jamais ressorti.
- • Une tournée de laitier… (1954) : A cause d’un contrat signé par son associé Arnold, le pilote Gregor est contraint de transporter d’étranges animaux d’élevage à travers la galaxie.
- • La révolte du bateau de sauvetage (1955) : Gregor et Arnold ont acheté un vaisseau d’occasion qui possède un ordinateur chargé de les protéger. Ils ignorent qu’il a été conçu pour secourir les combattants d’une race disparue depuis des siècles.
- • ... les grands remèdes (1956) : Elwood Caswell acquiert une machine pour soigner sa psychose. Le vendeur lui fournit par erreur un appareil pour Martiens, dont l’esprit ne fonctionne pas de la même manière que les Terriens.













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