Films vus en compagnie
Hamnet de Chloé Zhao (2025)

On ne sait pas grand-chose de la vie de la femme de William Shakespeare, Anne Hathaway (nommée Agnes dans le testament de son père), uniquement les informations disponibles dans les actes d’état civil et testaments. Troublée par la similitude du prénom du fils de Shakespeare Hamnet et la célèbre pièce Hamlet, l’écrivaine britannique Maggie O'Farrell a imaginé une fiction axée sur le couple Anne/William et sur leurs relations avec leurs enfants, en particulier Hamnet. En collaboration avec Chloé Zhao, elle a assuré l’adaptation de son roman à l’écran dans une coproduction américano-britannique au budget important tournée au Pays de Galle. Si l’intrigue est originale et intéressante, la réalisation est hautement discutable. Chloé Zhao verse dans un lyrisme excessif et avance avec de gros sabots, surlignant chaque émotion par des effets appuyés, une musique omniprésente, un surjeu des interprètes (notamment Jessie Buckley en Agnes) et une photographie pompière. Plus le film progresse et plus ces aspects s’avèrent agaçants. La dernière séquence sur une représentation d’Hamlet synthétise ces soucis et j’étais content que ça se termine.
Je conclus sur une aberration ornithologique : la buse d’Agnes (incorrectement appelée faucon dans les sous-titres français…) est une buse de Harris, une espèce américaine au look caractéristique qui ne se trouve absolument pas en Europe et a été introduite dans la fauconnerie britannique dans les années 1960.
Into the Night de John Landis (1985, Série noire pour une nuit blanche)

Into the night est fréquemment comparé à After Hours de Martin Scorsese, sorti également en 1985 et centré sur la nuit chaotique d’un individu mis dans l’embarras à cause d’une femme croisée sur son chemin. S’il y a en effet des points communs indéniables, Into the night ne dégage cependant pas la même sensation de malaise et ne comprend pas la même atmosphère glauque. Outre le passage de l’urbaine et dense New-York à l’étalement de Los Angeles, le ton est fort différent, John Landis préférant une légèreté comique portée par le flegme d’un Jeff Goldblum abruti par la fatigue. Il a par ailleurs invité dix-sept réalisateurs pour des caméos et s’est attribué un personnage burlesque d’homme de main iranien muet. Michelle Pfeiffer, qui venait de se faire remarquer avec Scarface (1983), entraine le pauvre Jeff Goldblum dans une série de péripéties invraisemblables, le « héros » ne servant pas à grand-chose dans cette histoire (raison pour laquelle Jack Nicholson refusa le rôle d’Ed). C’est très ancré dans les années 80, on ne s’ennuie pas mais c’est assez vain et j’aurais tout oublié dans quelques temps. La preuve, je l’avais déjà vu il y a longtemps et je n’en avais aucun souvenir.
A Mighty Wind de Christopher Guest (2003)

Figure importante de la comédie télévisuelle à partir de la seconde moitié des années 1970, Christopher Guest a percé au cinéma à travers le rôle du guitariste Nigel Tufnel dans le culte This Is Spinal Tap (1984). Dans les années 1990 et 2000, il a dirigé une série de documenteurs satiriques souvent sur le milieu artistique, avec une troupe d’interprètes similaires. Outre A Mighty Wind, il a ainsi réalisé Waiting for Guffman (1996) sur une communauté qui se lance dans la création d’une comédie musicale ; Best in Show (2000) sur une compétition canine ; For Your Consideration (2006) sur la production d’un film à petit budget ; ou Mascots (2016) sur un concours de mascottes sportives. A Mighty Wind parodie l’univers de la musique folk des années 60-70, avec des références à trois groupes existants : The Kingston Trio pour les Folksmen ; The New Christy Minstrels pour The New Main Street Singers ; et Ian and Sylvia pour Mitch & Mickey. J’avoue ne pas m’y connaitre des masses en folk music et beaucoup de clins d’œil me sont probablement passés au-dessus. En l’état, c’était amusant, les chansons composées pour l’occasion étaient plaisantes mais on est loin de l’humour et de la qualité de This Is Spinal Tap. Je regarderai tout de même un ou deux autres des documenteurs de Christopher Guest par curiosité.
3615 code Père Noël de René Manzor (1990)

Deux ans après le succès de leur premier long métrage, Le passage avec Alain Delon (1986), les Lalanne se relancèrent dans la conception d’un nouvel ofni inscrit dans le cinéma de genre : 3615 code Père Noël avec Francis Lalanne à la production, René Manzor (alias René Lalanne) à la mise en scène, Jean-Félix Lalanne à la musique et Alain Lalanne (crédité Alain Musy, le fils de René Manzor) pour incarner le jeune Thomas. Le budget fut rachitique, le tournage s’avéra complexe et les Lalanne ne parvinrent pas à trouver de distributeur pour cet étrange objet qui mélange comédie, conte, horreur et serial killer. Après une diffusion limitée en salles en janvier 1990, il rencontra son public en vidéo où il devint culte. Manzor estime en outre qu’il a inspiré Maman, j'ai raté l'avion ! (1990), le scénariste John Hugues ayant pu voir 3615 code Père Noël au cours de ses vacances à Cannes en mai 1989. Si l’intrigue est originale et comporte de bonnes idées, centré sur une thématique d’abandon violent des illusions de l’enfance, sa mise en œuvre est franchement discutable. C’est globalement mou, mal joué, mal monté, avec Manzor qui tente des effets et angles de caméra rarement judicieux. La musique pique les oreilles, y compris une chanson assez nulle écrite par Francis Lalanne et interprétée par Bonnie Tyler. Bien que possédant un fort capital sympathie, 3615 code Père Noël est donc plutôt raté malgré sa flatteuse réputation acquise tardivement.
Films vus seuls
戦慄怪奇ファイル 超コワすぎ! FILE-01【恐怖降臨!コックリさん】 [Senritsu kaiki fairu chô kowa sugi! FILE-01 [Kyôfu kôrin! Kokkuri-san]] de Kôji Shiraishi (2015, Senritsu Kaiki File Super Kowa Too! Fear Adventure: Kokkuri-san)

Après deux épisodes décalés excessifs, la série des Senritsu kaiki fairu kowa sugi! revient à ses principes de départ en explorant la légende de Kokkuri-san (mentionnée dans ma critique du film Kokkuri-san (2007)). Sur l’initiative de Jin qui estime que c’est cool, le titre Senritsu kaiki fairu kowa sugi! a été légèrement modifié en Senritsu kaiki fairu chô kowa sugi! avec l’ajout de chô/超 qui signifie super, ultra, extrême ou en adverbe vraiment, totalement, extrêmement. On retourne à la formule de la vidéo envoyée par des fans puis une investigation de Jin et Miho, avec des effets spéciaux minimalistes et une ambiance gentiment creepy. Kôji Shiraishi semble cette fois vouloir s’intéresser à Miho avec un aspect de son passé dévoilé qui sera probablement réutilisé.
Si c’est globalement sympathique, c’est dommage de ne pas avoir capitalisé sur les deux volets précédents qui se terminaient sur une refonte de l’enfance de Jin et laissaient entendre une remise à zéro. Or, on repart sur les sages bases du début en plus crétin et humoristique. Les évènements surnaturels antérieurs n’ont apparemment pas eu lieu mais je m’attendais à des bouleversements importants, notamment sur le caractère de Jin. Sa violence et son attrait du fantastique provenaient du meurtre de ses parents, qui n’ont finalement pas été assassinés. Il n’a pourtant pas évolué d’un pouce et ce volume 8 pourrait être le volume 1 sans que ça ne change grand-chose à l’histoire. Jin récupère d’ailleurs un item magique qu’il réemploiera à l’instar de ce qu’il se passait dans Senritsu Kaiki File Kowasugi! File 01: Operation Capture the Slit-Mouthed Woman. Cette forte impression de déjà-vu diminue donc l’originalité de ce Senritsu kaiki fairu chô kowa sugi! FILE-01 [Kyôfu kôrin! Kokkuri-san].
Cuidado con el amor de Miguel Zacarías (1954, Watch Out for Love)

Repérée durant un concours de beauté quand elle était adolescente, Elsa Aguirre eut une jolie carrière au cinéma et à la télévision qui s’étala sur près de 60 ans, de 1946 à 2004 avec une pause de trois ans en raison d’un mariage calamiteux (elle dut fuir son époux violent avec l’assistance de sa famille et obtint le divorce). Bien qu’elle n’ait pas joué dans des chefs-d’œuvre, elle a tourné avec des acteurs majeurs à l’image de ce Cuidado con el amor avec Pedro Infante. C’est une comédie romantique classique avec un Pedro Infante relou et macho (Salvador) qui force l’héroïne prude et fière (Elsa Aguirre en Ana María) à reconnaitre leur amour. Les deux acolytes de Salvador sont néanmoins amusants, de même que la domestique qui essaye de se débarrasser d’eux, et les chansons sont plaisantes, faisant de ce Cuidado con el amor un spectacle distrayant si on n’est trop rebuté par le sexisme du genre.
A noter que, sans être mensongère, l’affiche racoleuse n’est pas représentative, Elsa Aguirre n’apparaissant en petite tenue que quelques brèves secondes sur la totalité du métrage.
恋染め浪人 [Koizome rônin] de Tai Katô (1957, Le rônin transi d'amour)

En 1956, alors que Tai Katô avait déjà dirigé plusieurs films et établissait en parallèle sa réputation de scénariste, il accepta d’être rétrogradé au rang d’assistant-réalisateur pour signer un contrat avec la Toei dans la perspective de mettre en scène le type de chanbaras qu’il affectionnait. Koizome rônin lui offre pour la première fois cette opportunité, un retour derrière la caméra après deux ans d’absence. C’est une adaptation d’un roman de Kiichirô Yamate de 1956 qui sert de véhicule à la gloire de Ryûtarô Ôtomo dans sa traditionnelle performance de rônin cool super balaise. La surprise provient toutefois du ton de plus en plus sombre à mesure que le récit avance. Ce qui est au départ un chanbara léger sur fond de classique complot de successions prend progressivement un virage dramatique avec des morts qui s’accumulent et un Ayutaro qui délaisse sa gaieté. Il est aidé par la cheffe d’un groupe de chanteuses incarnée par Kogiku Hanayagi. Ex-vedette des années 30, actrice de théâtre shinpa, elle signa un contrat d’exclusivité avec la Toei en 1956 et devint un second rôle habituel du studio, rarement exploitée à sa juste valeur. Elle est ici parfaite et donne la mesure de son talent. S’il ne faut clairement pas chercher la patte de Tai Katô dans ce Koizome rônin de commande en dépit d’un intérêt pour le petit peuple (qui était sans doute présent dans le scénario qu’il n’a pas conçu lui-même), c’est une agréable variation du genre, un cran au-dessus du tout-venant de l’époque.
大江戸の侠児 [Ôedo no kyôji] de Tai Katô (1960, Les jeunes chevaliers d'Edô)

Ôedo no kyôji est un remake de Jidai no kyôji d’Hiroshi Inagaki, long métrage perdu de 1932 qui mettait en vedette Chiezô Kataoka en Nezumi Kozô. Il avait la particularité de faire de Nezumi Kozô, justicier chevaleresque invulnérable à la Robin des bois, un héros tragique en proie au doute et à la colère. Dans la version de 1960, Hashizô Ôkawa remplace Chiezô Kataoka et Kyôko Kagawa hérite du personnage d’Otaka. C’est joliment filmé et photographié, notamment durant les séquences nocturnes. Le scénario est en revanche invraisemblable et excessivement mélodramatique, avec des interludes comiques ratés et un couple Hashizô Ôkawa/Kyôko Kagawa franchement tartouille, Hashizô Ôkawa n’étant jamais à l’aise dans le drame. Bien qu’on reconnaisse la touche de Tai Katô dans le script qu’il a écrit avec une focalisation sur le petit peuple opprimé, c’est plutôt faible dans l’ensemble.
P.S. : le titre français est à côté de la plaque et a probablement été créé par des gens qui n’ont pas vu le film. 侠児/kyôji signifie en effet chevaleresque. Outre que « héros chevaleresque » voire « héros » tout court aurait mieux collé que « chevaliers » et que l’ajout de « jeunes » n’a rien à faire là, l’emploi du pluriel est une erreur, le pluriel n’étant pas distinguable du singulier en japonais sans contexte. Or, il n’y a qu’un seul héros, Nezumi Kozô.
Livres
La résistible ascension d’Arturo Ui de Bertold Brecht (L’Arche, collection « Scène ouverte », 2012), 151 p.

Ecrit en 1941, La résistible ascension d’Arturo Ui est une parabole sur la prise du pouvoir d’Adolf Hitler pendant les années 1930 grâce à l’appui ou à l’inaction des conservateurs, des capitalistes et des bourgeois. Brecht avait conçu la pièce (qui ne fut pas représentée de son vivant) dans une logique de théâtre épique, une forme théâtrale qui, selon lui, devait conduire le spectateur à réfléchir et à se forger ses opinions. Elle s’accompagnait d’une distanciation, induite ici par des cartons en fin de scènes qui énoncent les parallèles entre les évènements auxquels on vient d’assister et la réalité historique. Quant au rire, il devait être teinté d’effroi afin de casser l’envoutement qu’exerçaient les nazis. Fidèle à ses convictions marxistes, Brecht se focalise sur les liens entre les capitalistes et les nazis. Il souligne le rôle crucial des premiers dans la montée en puissance des seconds, Brecht considérant que le fascisme et le nazisme n’étaient qu’une nouvelle phase plus extrême du capitalisme. Ce prisme l’amena à négliger deux éléments fondamentaux du nazisme : le soutien d’une frange importante de la population et son idéologie intrinsèquement raciste et antisémite, qui n’était pas juste un détail périphérique. L’absence de ces points diminue sensiblement la force de sa charge, ratant ce qui constituaient certaines des spécificités clés du phénomène par rapport à d’autres totalitarismes. J’ai par ailleurs eu du mal avec les vers iambiques, je ne vois pas trop ce qu’ils apportent comparé à un texte en prose, et j’ai trouvé le style daté, sans doute pas aidé par la traduction. Si je comprends l’intérêt historique de cette pièce, je pense qu’elle passe à côté d’une bonne partie des causes de l’essor du nazisme et je n’ai pas été convaincu.
- Ghost in the Well: The Hidden History of Horror Films in Japan de Michael Crandol (Bloomsbury Academic, 2021), 252 p.Le mot kaiki/怪奇 qui signifie bizarre, étrange, apparaît dans le domaine cinématographique durant les années 1920 pour désigner certains films de fantômes (kaidan) ou de monstres (obake eiga) ainsi que des productions américaines du style old dark house à la The Cat and the Canary (1927) ou les Universal monsters des années 1930. Le terme se généralise ensuite pour englober la plupart des films d’horreur jusqu’à l’émergence du kaiju eiga (Godzilla et compagnie) ou de la SF des années 50. Dans les années 1970, il tombe en désuétude et est remplacé par horâ (horror). Au moyen d’une analyse historique sur cinq chapitres s’étendant des années 1920 aux années 1970 puis à la J-Horror moderne, Michael Crandol montre l’évolution de ce genre typiquement japonais :

- • Définition du genre
- • Un panorama du kaiki eiga d’avant-guerre avec une focalisation sur trois des quatre titres des années 1930 encore visibles en intégralité de nos jours, mettant en vedette la première star du genre Sumiko Suzuki : Arima Neko (1937), Kaidan oshidori chô (1938) et Kaibyô nazo no shamisen (1938)
- • La censure du kaiki eiga sous le régime militaire à partir de 1940 et sous le commandement suprême des forces alliées puis son retour progressif sur les écrans de 1949 à 1952. En 1952, la Daiei se lança avec vigueur dans la production de kaiki eiga à petit budget et mit en avant deux actrices : Takako Irie, une ex-star has-been des années 1930 à présent quarantenaire qui se spécialisa dans les monstres-chats avec un lourd maquillage ; et Ikuko Môri, une comédienne glamour que le service marketing de la Daiei transforma en perverse adoratrice de serpents. La Toei de son côté privilégia les kaiki eiga mâtinés de romance à l’instar de leur adaptation de Banchô sarayashiki avec Hibari Misora (1957).
- • Les kaiki eiga de la Shintôhô, notamment ceux de Nobuo Nakagawa qui renouvelèrent profondément le genre et leur permirent de gagner le respect des critiques.
- • La mort du kaiki eiga au début des années 1970 et sa renaissance indirecte à travers son influence sur la J-Horror des années 1990-2000.
Si je chipotais, je dirais qu’il manque un volet sur la télévision, qui prit le relais du cinéma dans les années 1970-1980, et qu’il minimise l’importance des apports extérieurs comme le théâtre kabuki à l’origine de nombreuses histoires, la littérature, les mangas ou les légendes (anciennes et urbaines), la culture japonaise composant un dialogue permanent entre ses médias à l’inverse de la culture occidentale plus compartimentée. Ce n’était néanmoins pas l’objectif de son étude et il ne pouvait pas tout traiter en 250 pages. C’est en l’état ce que j’ai lu de mieux sur le sujet avec Fantômes du cinéma japonais de Stéphane du Mesnildot, excellent sur son périmètre restreint mais avec moins d’ampleur et de profondeur d’analyse. Je suis étonné que Ghost in the Well ne soit pas plus réputé et je le conseille fortement aux amateurs de cinéma d’horreur japonais qui veulent en comprendre sa genèse.
- Frankenstein de Junji Itô (Bragelonne, collection « Mangetsu », 2022), 412 p.Frankenstein est la traduction de Furankenshutain, dixième volume de la collection « Chefs d’œuvre de Junji Itô » édité par Asahi Comics en juin 2013. Il comporte onze nouvelles ainsi qu’une postface de Morolian :

- • Frankenstein (septembre-novembre 1994 dans Monthly Halloween) : Adaptation sur 186 pages du Frankenstein de Mary Shelley.
- • Les cous hallucinés (mars 1989 dans Monthly Halloween) : Cf. Les chefs-d’œuvre de Junji Ito – Tome 2
- • Le marais aux esprits (octobre 1990 dans Monthly Halloween) : Oshikiri aide un camarade harcelé par ses fans à disparaître dans un marais hanté.
- • La correspondante (février 1991 dans Monthly Halloween) : Oshikiri sympathise avec une peintre amatrice dont les uniques amies sont de mystérieuses correspondantes.
- • L'intrus (octobre 1991 dans Monthly Halloween) : Oshikiri amène chez lui trois élèves de son école qui affirment que sa maison contient un portail multidimensionnel.
- • Oshikiri, chronique de l'étrange (avril 1992 dans Monthly Halloween) : Oshikiri aperçoit dans son vaste manoir des camarades de classe issus d’une autre dimension.
- • Oshikiri, chronique de l'étrange - Les murs (mars 1993 dans Monthly Halloween) : A la suite d’un tremblement de terre, Oshikiri trouve un corps momifié dans un mur de sa demeure.
- • Les funérailles de l'enfer (mai 1998 dans Comic Gon!) : Une terrible maladie transforme les enfants en poupée.
- • Ne bougez plus (avril 2000 dans Nemuki) : Une femme est coincée dans la machine d’un médecin qui s’est absenté et a fait une chute.
- • Non-non, femelle alpha (mars 1998 dans Nemuki) et Cache-cache avec Non-non (juillet 1998 dans Nemuki) : hommage de Junji Itô à sa chienne Non-non.
J’ai davantage apprécié les Oshikiri dont je ne connaissais que Les cous hallucinés présent dans Les chefs-d’œuvre de Junji Ito – Tome 2. Oshikiri est un garçon solitaire en apparence normal si ce n’est qu’il est plus petit que la moyenne (au look inspiré du Damien de La malédiction selon Morolian). Il débute sa carrière en tueur sanguinaire avant de devenir victime. On découvre différentes versions du personnage dans des mondes parallèles, avec des intrigues originales qui se suivent et enrichissent l’univers. Bien que dénuée de scènes chocs, cette série possède une complexité inhabituelle chez Junji Itô et j’ai accroché.
Les funérailles de l'enfer est une brève nouvelle de six pages très réussie, avec une dernière image abominable, Ne bougez plus a un concept séduisant mal exploité et les deux Non-non n’ont guère d’intérêt. En dépit de son titre axé sur Frankenstein, les Oshikiri constituent donc pour moi le point fort de ce recueil.











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