samedi 7 mars 2026

Carnet de bord 14/02/2026-06/03/2026



Films vus en compagnie
Until Dawn de David F. Sandberg (2025, Until Dawn : La mort sans fin)
Accompagnée par son ex Max, par ses amies Megan et Nina et par le copain de Nina, Clover recherche sa sœur Melanie introuvable depuis un an. En prospectant son dernier parcours connu, iels atterrissent dans une station-service en forêt où le pompiste leur signale l’existence de Glore Valley, une ancienne ville minière dans lesquelles se sont produites de nombreuses disparitions. Sous une pluie battante, iels arrivent à un hôtel désert curieusement épargné par les intempéries et découvrent le nom de Melanie dans le registre, répété une dizaine de fois. En le signant pour s’amuser quelques minutes plus tôt, Nina a, sans le savoir, enclenché une mécanique infernale.

Until Dawn est au départ un jeu vidéo PS4 de 2015 de type survival horror doté d’une bonne réputation auprès des amateurs. Pour son adaptation sur grand écran, un nouveau scénario inspiré de l’univers a été conçu, Peter Stormare reprenant le rôle qu’il tenait dans le jeu. La réalisation a été confiée au Suédois David F. Sandberg, responsable d'Annabelle: Creation (2017) et du a priori catastrophique Shazam! (2019). Le résultat est un amoncellement de séquences convenues, patchwork d’idées mal exploitées montées sans aucune tension. Je ne me suis jamais senti concerné par le destin de protagonistes sans épaisseur, ni tremblé pour leur sort en dépit d’effets spéciaux réussis et de jolis décors. C’est vraiment le degré zéro du film de boucle, dans un genre identique il vaut mieux revoir le sympathique Happy Death Day (2017).


マタンゴ [Matango] d’Ishirô Honda (1963, Matango)
Kasai, un riche industriel, s’est fait construire un superbe voilier et invitent des amis pour une petite croisière en mer. Outre sa maîtresse, la chanteuse Mami, il a convié l’écrivain Yoshida, le professeur de psychologie Murai et son étudiante Akiko. Le navire est piloté par Sakuta, épaulé par le marin Koyama. Tout ce beau monde est pris dans une terrible tempête et iels échouent sur une île tropicale inhabitée. Face au manque d’eau et de nourriture, des dissensions se manifestent rapidement dans le groupe. Iels découvrent l’épave d’une expédition scientifique qui menait des recherches sur la radioactivité et sur un étrange champignon, le Matango.

A la fin des années 50, la Tôhô produisit trois longs métrages horrifiques sur des mutants : L’homme H d’Ishirô Honda (1958) sur des voyous dissous par la radioactivité ; The Secret of the Telegian de Jun Fukuda (1960) centré sur une machine capable de téléporter ; et The Human Vapor d’Ishirô Honda (1960) sur un savant qui se transforme en nuage de vapeur. Sur le papier, Matango se situait dans une veine similaire. Les temps avaient cependant changé depuis 1960, le Japon avait tourné la page du pessimisme d’après-guerre et voyait désormais l’avenir avec optimisme. La Tôhô misait sur l’insouciance et Matango fut associé en double programme à la comédie musicale pour jeunes adultes Hawai no wakadaishô de Jun Fukuda (1963), quatrième volet de la série des Wakadaishô (Young Guy) avec Yûzô Kayama.
Matango démarre sur une musique légère, avec une bande de bourgeois cools et cyniques. Des différences de classe se font vite sentir et l’ambiance devient pesante lorsque la tempête surgit. Le scénario a été écrit par Masami Fukushima, créateur et rédacteur en chef de S-F Magazine, à partir de la nouvelle The Voice in the Night de William Hope Hodgson publiée en 1907 dans le magazine américain Blue Book. Il a ensuite été retravaillé par le communiste Takeshi Kimura, qui y a ajouté des problématiques sociales, une critique acerbe de l’occidentalisation, du matérialisme et de la montée d’un individualisme égoïste. Aucun personnage n’est totalement innocent et les défauts de chacun apparaissent au fur et à mesure.

Ancien assistant de Kurosawa dont il était proche, Honda a récupéré certains des interprètes de son collègue auxquels il a adjoint des habitués du tokusatsu. On remarque notamment le polyvalent Yoshio Tsuchiya (un des villageois dans Les sept samouraïs (1957)) en Kasai et l’éclectique Kumi Mizuno en Mami. Ces deux-là sont clairement un cran au-dessus du couple tartouille incarné par Akira Kubo (Murai) et la novice Miki Yashiro (Akiko). Un des points forts de Matango réside dans les trucages, assemblage de maquettes (conçues par l’inévitable Eiji Tsuburaya), de gars en costume et de surimpressions crédibles grâce à une tireuse optique de pointe que la Tôhô venait d’acquérir.
Mal promu, trop sombre pour son époque, Matango fut un échec au box-office. Il gagna sa réputation avec le temps et est aujourd’hui considéré comme un des meilleurs opus d’Ishirô Honda. Il mélange les genres entre huis-clos tendu, satire, drame, critique sociale et horreur. La trame ressemble à du Lovecraft, ce qui n’est guère étonnant quand on sait l’influence que William Hope Hodgson a exercé sur son œuvre. Matango mérite en tout cas le coup d’œil, je l’ai davantage apprécié que lors de mon premier visionnage il y a une quinzaine d’années où le rythme lent typique de la SF des années 60 m’avait un peu rebuté.


Den stygge stesøsteren d’Emilie Blichfeldt (2025, The Ugly Stepsister)
La veuve Rebekka vient d’épouser Otto, un noble désargenté, et emménage dans sa vaste demeure avec ses filles Alma et Elvira. Quand Otto meurt soudainement d’une crise cardiaque et que le prince Julian annonce à la population la tenue d’un bal dans quatre mois, Rebekka décide de prendre les choses en main et de transformer la disgracieuse Elvira en beauté pour lui dénicher un bon parti, quitte à lui faire subir les pires tortures. En dépit de la concurrence d’Agnes, l’hautaine et ravissante fille d’Otto, Elvira espère se marier avec Julian dont elle dévore le recueil de poèmes.

The Ugly Stepsister est le premier long métrage de la Norvégienne Emilie Blichfeldt, issu d’un rêve dans lequel elle se retrouvait dans la peau d’une demi-sœur de Cendrillon. Elle se servit de cette idée pour développer une intrigue féministe montrant les conséquences d’une société fondée sur le culte du corps des femmes, qui impose souffrances et rivalités. Par son thème, ses excès, ses aspects grotesques et camp, The Ugly Stepsister se rapproche de The Substance (2024) mais s’en démarque par l’absence de voyeurisme et par l’ambiguïté des protagonistes, en particulier la naïve Elvira qui reste attachante malgré ses défauts. Les effets spéciaux organiques sont réussis, inspirés de Cronenberg et de Grave de Julia Ducournau (2016). Bien que certaines outrances inutiles m’aient parfois agacé, c’est une intéressante variation du conte des frères Grimm.


Distinto amanecer de Julio Bracho (1943, Une aube différente)
Le député Octavio a découvert des informations compromettantes sur le gouverneur corrompu de son Etat et doit récupérer à la poste des preuves envoyées par un représentant syndical assassiné. Traqué par les sbires de son adversaire, il se réfugie dans un cinéma et croise une ancienne connaissance, Julieta, dont il était amoureux dans sa jeunesse. Amené à son appartement pour se cacher, Octavio y rencontre Ignacio, son ami d’enfance qui a épousé Julieta. Le couple bat de l’aile et Octavio est tiraillé entre son devoir et ses sentiments toujours vivaces envers Julieta.

Distinto amanecer est un jalon important de l’âge d’or du cinéma mexicain, classé 22e dans la liste des 100 meilleurs films mexicains établie par la revue Somos en 1994. Il a été réalisé par Julio Bracho, un intellectuel venu du théâtre d’avant-garde, épaulé par le remarquable directeur de la photographie Gabriel Figueroa. Distinto amanecer est un des premiers film noirisant urbain, à une époque où la mode était davantage portée sur les drames ruraux ou les comédies rancheras. La distribution réunit deux stars, Andrea Palma en Julieta et Pedro Armendáriz en Octavio. Compte tenu de tous ces éléments, la déception a été forte. Pedro Armendáriz n’est jamais crédible en amoureux transi, il a un jeu figé et ne dégage aucune émotion. Les dialogues sont plats et filmés de façon statique, le scénario est invraisemblable et c’est mou. C’est dommage car, à côté de ça, la musique est excellente, la photographie contrastée est magnifique et on a le droit à de belles séquences de rue quasi néoréalistes. Cela ne suffit pas et Distinto amanecer est selon moi très surcoté.


Creep de Patrick Brice (2014)
Aaron Franklin, vidéaste amateur, répond à une petite annonce promettant 1000 dollars contre une journée de tournage. Il se rend dans une cabane isolée dans le sud de la Californie et tombe sur l’excentrique Josef. Celui-ci lui explique qu’il n’a plus que deux ou trois mois à vivre à cause d’une tumeur au cerveau, que sa femme est enceinte et qu’il souhaite laisser à son futur enfant un témoignage de son existence. Il propose à Aaron de le suivre pour filmer son quotidien. Ce dernier accepte en dépit de ses réserves vis-à-vis de Josef, qui semble vouloir le déstabiliser.

Creep est le premier long métrage de Patrick Brice (Aaron), inspiré de mauvaises expériences sur Craigslist, de discussions à bâtons rompues avec son ami Mark Duplass (Josef), et des classiques My Dinner with Andre (1981), Fatal Attraction (1987) et Misery (1990). La plupart des scènes ont été improvisées, tournées en une semaine en caméra portée, avec une intrigue qui a évolué progressivement en passant de la comédie noire à l’horreur psychologique. On est dans du pur found footage dans la mouvance mumblecore, produit par les frères Duplass avec le soutien de Jason Blum. Vendu à Netflix peu après sa sortie, Creep a bénéficié d’un bon bouche-à-oreille, permettant à Patrick Brice d’enchaîner sur d’autres projets, notamment Creep 2 en 2017.
Sans être désagréable, Creep est assez convenu, avec une conclusion prévisible alors que, de façon amusante, plusieurs fins ont été conçues et Patrick Brice n’était pas parti au départ sur la possibilité retenue. Je regarderai tout de même Creep 2 par curiosité, qui apparemment renouvelle intelligemment son concept.


Films vus seuls
本当にあった怖い話 呪死霊 [Jigoku no keibîn] de Kiyoshi Kurosawa (1992, Le gardien de l'enfer)
Akiko Narushima, ex-conservatrice de musée, est recrutée par la compagnie Akebono Corporation pour apporter son expertise à un département chargé d’acheter et revendre des peintures de maîtres. Elle arrive le même jour que Fujimaru, un vigile psychopathe ancien sumo condamné pour le meurtre de son épouse et de l’amant de celle-ci trois ans auparavant mais jugé irresponsable de ses actes et relâché. Pour assouvir ses pulsions sanguinaires, il se met à assassiner des membres du personnel.

Mécontent du montage vidéo de Sweet Home (1989) et de l’absence de pourcentage sur les ventes, Kiyoshi Kurosawa attaqua son producteur, perdit son procès et garda de l’expérience une forte amertume. Il mit trois ans avant de se lancer dans un nouveau long métrage, Jigoku no keibîn, financé par l’indépendante Directors Company de Kazuhiko Hasegawa et Shinji Somai (dont il fut l’assistant). Il conçut une sorte de slasher à l’américaine qu’il mêla à une satire du monde de l’entreprise. Il confia les rôles principaux à des débutants, Makiko Kuno (Akiko) et Yutaka Matsushige (Fujimaru), qui eut une jolie carrière par la suite.
Jigoku no keibîn est franchement bancal : les aspects slasher manquent de tonus, l’intrigue est nase, les parties sur la vie de bureau d’Akiko avec son chef pervers et un directeur des ressources humaines bizarre ne fonctionnent pas, et la musique est à côté de la plaque. Kiyoshi Kurosawa n’avait pas encore découvert la J-Horror inspirée des principes de Chiaki J. Konaka et ça se sent, il se contente de copier sans succès les modèles américains. Certains y notent avec indulgence les prémices de son style, ce n’est pas mon cas et j’ai trouvé Jigoku no keibîn assez mauvais.


Livres
Hokusai de Shôtarô Ishinomori (Kana, collection « Sensei », 2023), 592 p.
A 42 ans, le dessinateur d’estampes Tawaraya Sôri, célèbre pour ses portraits de femmes, décide de tout plaquer pour recommencer à zéro sous le nom d’Hokusai. Au cours de son existence, le peintre japonais le plus fameux de l’Histoire changea régulièrement de conjointe et d’identité, tentant perpétuellement d’améliorer son style. Shôtarô Ishinomori raconte neuf passages de la vie d’Hokusai de manière très romancée, en alternant les périodes sans logique chronologique et en revenant en flashbacks sur ses débuts.

Je n’avais jamais rien lu de Shôtarô Ishinomori, grand maître du manga peu traduit en Occident. Hokusai se situe dans la dernière partie de sa carrière, publié à l’origine en deux tomes en 1987. Comme Shôtarô Ishinomori le reconnait lui-même dans une courte postface, il ne faut pas s’attendre à une biographie fidèle, il a volontairement choisi des épisodes obscurs pour pouvoir inventer à loisir. Il en a profité pour mettre un paquet de scènes de sexe gratuites afin de contenter le lecteur masculin et a minimisé le rôle de la fille d’Hokusai, O-Ei, qui dit à un moment qu’elle ne sait pas dessiner… Malgré ces soucis et bien qu’inférieur au Miss Hokusai d’Hinako Sugiura, cela reste plaisant, avec des reproductions des œuvres d’Hokusai en pleine page.


Love from Paddington de Michael Bond (Harper Collins, collection « The Classic Adventures of Paddington Bear – The Complete Collection », 2019), 137 p.
Ce quatorzième et avant-dernier Paddington est une compilation de quinze lettres écrites par Paddington à sa tante Lucie durant ses années à Londres. Il y raconte son arrivée en Grande-Bretagne et son installation chez les Brown, sa rencontre avec M. Gruber ou avec leur voisin M. Curry, et plusieurs de ses aventures vécues dans les volumes 1 à 13. Ces lettres sont encadrées par une préface et une postface de tante Lucie.

Dans quasiment toutes les longues séries, il y a à un moment un épisode récapitulatif qui permet à l’équipe de tournage ou aux animateurs de faire une pause en recyclant des scènes antérieures. Ce Love from Paddington en est l’équivalent. Ayant commencé à lire Paddington il y a deux ans et demi, les histoires n’étaient pas trop fraiches dans mon esprit et Michael Bond en a modifié l'angle d'approche en optant pour le point de vue de Paddington sur les évènements au lieu de la traditionnelle focalisation externe. Elles sont en outre condensées, avec une sélection pertinente qui donne presque l’impression d’une progression narrative. Ce tome était donc moins lassant que les précédents, proposant pour une fois une optique un peu différente.


Sasol Birds of Southern Africa (5th Revised Edition) (Struik Nature, 2020), 488 p.
Le guide Sasol des oiseaux du sud de l’Afrique détaille l’intégralité des espèces présentes en Namibie, Botswana, Zimbabwe, Mozambique, Afrique du Sud, Lesotho et Eswatini. Elles sont regroupées par familles et genres conformément à l’ordre adopté par la plupart des guides ornitho. Chaque description comprend la taille et le poids moyen ; un texte fournissant les principales caractéristiques en signalant si nécessaire les différences entre jeune et adulte, mâle et femelle ; une transcription des cris et chants ; les habitudes comportementales ; une carte de répartition par pays et par saison combinée à un tableau mensuel de présence ; un code barre renvoyant à des chants dispo sur internet ; et un dessin sur la page d’en face soulignant les attributs notables et les éventuels dimorphismes.

Ce guide est une référence pour la région et en est à sa cinquième édition. Il est sponsorisé par Sasol, une entreprise sud-africaine de l'industrie chimique qui tente de se donner une image écolo. Je l’ai utilisé en Namibie pendant deux semaines et j’ai pu remarquer ses limites, notamment dans la colorimétrie. Les dessinateurs semblent éprouver des difficultés à distinguer le jaune de l’orange, ce qui génère des quiproquos sur certaines familles/genres, en particulier chez les tisserins et les batis. J’ai constaté en comparant avec une édition précédente que des erreurs avaient été corrigées (la couleur des pattes du African Green Pigeon est ainsi passée de jaune à orange) mais des soucis subsistent. Plutôt que Sasol Birds of Southern Africa, je conseillerai donc le Newman's Birds of Southern Africa que possédait notre accompagnateur, qui comporte moins d’aberrations chromatiques et qui précise de façon plus visible les éléments clés permettant de discerner les espèces proches (par exemple le Southern Red-Billed Hornbill et le Damara Red-Billed Hornbill) ; ou l’application mobile du Roberts Bird Guide 2 pour ceux qui ne veulent pas se trimballer un gros bouquin.

Birds and Us: A 12,000 Year History, from Cave Art to Conservation de Tim Birkhead (Penguin Books, 2023), 442 p.
Dans Birds and Us: A 12,000 Year History, from Cave Art to Conservation, l’ornithologue Tim Birkhead retrace l’Histoire des liens entre humains et oiseaux en Occident du néolithique à nos jours. Au cours de 12 chapitres thématiques, il détaille :
• Les représentations de la faune aviaire dans l’art rupestre ;
• Les relations de l’Egypte antique avec les oiseaux ;
• L’apparition de l’étude du monde animal chez les Grecs et les Romains ;
• La chasse fauconnière au Moyen-Âge ;
• Les débuts de l’anatomie et l’utilisation des oiseaux à des fins médicinales durant la Renaissance ;
• L’origine de l’ornithologie sous l’impulsion de Francis Willughby et John Ray au XVIIe siècle ;
• L’importance de la consommation des œufs et de la chair des oiseaux au XVIIIe siècle ;
• L’apport de la révolution darwiniste en ornithologie ;
• La manière violente d’accroitre les connaissances au XIXe siècle à travers la collecte d’œufs et de spécimens pour les scientifiques ;
• L’arrivée d’une ornithologie basée sur l’observation pacifique favorisée par l’amélioration du matériel optique ;
• La naissance de l’éthologie ;
• Le commencement d’une logique de protection de la nature, sous l’impulsion notamment d’Alfred Newton.
Birds and Us est un complément de l’admirable The Wisdom of Birds: An Illustrated History of Ornithology, qui se focalisait sur l’Histoire de l’ornithologie. Tim Birkhead étend sa recherche sur tous les types de relations entre humains et oiseaux, plus uniquement sur l’aspect scientifique. Si les lecteurs de The Wisdom of Birds et de The Wonderful Mr Willughby: The First True Ornithologist y trouveront quelques redites, la majorité est inédite et souvent passionnante. On découvre les particularités propres à chaque époque, Tim Birkhead essayant de ne pas juger tout en gardant un esprit critique. On pourra certes reprocher l’Occidentalo-centrisme (voire parfois l’Anglo-centrisme) de l’ensemble mais le travail effectué est déjà colossal, l’auteur parle de ce qu’il maîtrise et des textes auxquels il a eu accès. Il essaye néanmoins de présenter le point de vue des Aztèques ou des Egyptiens antiques, et vilipende les pratiques colonialistes des Européens. Il aurait également pu faire mieux sur le rôle des femmes bien qu’il évoque deux-trois cas emblématiques. Cela reste très riche, dans un style fluide et abordable, qui montre que notre vision actuelle est le résultat d’une évolution et peut encore changer, pour le meilleur ou pour le pire.


Revues
Mad Movies n°401 – Février 2026
Le dossier sur Kevin Williamson, qui dirige le prochain Scream, est intéressant même si, au final, le gars n’a pas fait grand-chose de terrible dans sa carrière excepté le scénario du premier Scream (1996). La seconde personnalité à avoir droit à un dossier est d’un autre acabit : avec Send Help (2026) qui s’annonce fort sympathique, Sam Raimi renoue avec le film d’horreur et bénéficie d’un traitement de faveur. Le troisième dossier porte sur les crimes de gens ordinaires, en l’honneur d’Aucun autre choix de Park Chan-wook (2025), nouvelle adaptation du roman Le couperet de Donald E. Westlake. J’y ai découvert l’existence de la comédie noire italienne Un bourgeois tout petit, petit (1977) qui a l’air excellente, de Blue Ruin de Jeremy Saulnier (2013) et de Remember d’Atom Egoyan qui peuvent valoir le coup d’œil.

Au niveau des sorties, sur le papier, un long métrage français avec Laurent Lafitte et Blanche Gardin ne me vend pas du rêve mais j’avoue qu’Alter Ego (2026) m’intrigue, surtout que la critique de Mad Movies effectue un rapprochement avec Quentin Dupieux. Je note aussi le dernier Yeon Sang-ho, The Ugly (2025), le metteur en scène du Dernier train pour Busan (2016) semblant renouer avec la veine sociale de ses animés glauques des années 2010. J’ai enfin apprécié l’hommage à Rob Reiner, décédé en décembre 2025, et les entretiens avec le spécialiste des miniatures Ian Hunter et avec Patrick Brice, un réalisateur de films à petits budgets que je ne connaissais pas.


2 commentaires:

  1. L'affiche de Matango est incroyable, on la croirait dessinée par Hugues Micol !

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    1. Ah oui en effet. Les affiches des films d'horreur ou de SF japonais des années 60 ont souvent des affiches sympa, toujours dessinées et souvent assez barrées.

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